Bruit de bottes au Nord-Kivu : le caucus des députés nationaux propose des solutions

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Le caucus des députés nationaux  du Nord-Kivu décrie les manœuvres dilatoires de certaines ethnies visant à déstabiliser la région où les  populations vivent dans la hantise d’une énième guerre. Plusieurs sources concordantes  renseignent que les militaires CNDP intégrés, et déployés dans la province, se seraient retirés simultanément de leurs positions dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 octobre 2010, notamment à Alimbongo, Mbugha Vinywa et semble-t-il dans la ville de Butembo. 

            Le caucus de députés nationaux rappelle que la réunion tenue le 21 octobre dernier au Palais du peuple avait été justifiée par des faits sécuritaires inquiétants. Notamment  l’arrivée  au gouvernorat de la province, à bord de quatre camions de marque Mitsubishi Fusso, d’environ quatre cent sujets d’ethnie hutu, en provenance du territoire de Masisi, pour être acheminés de gré ou de force au Sud du territoire de Lubero, au motif qu’ils seraient originaires de cette région et qu’ils auraient été expulsés dans le temps par les Banande, occupants de cet espace.

 L’on avait aussi appris la circulation et la distribution d’un texto indiquant qu’une réunion des hutus et des tutsi s’était tenue à Bunagana, à la frontière rwando-ougando-congolaise, du vendredi 08 octobre à 10h00 au samedi 09 octobre 2010 matin, dans le but de provoquer une guerre et d’expulser ensemble les Banande du territoire de Rutshuru.

            Il y a lieu d’indiquer que dans le cadre de l’échange qui s’en est suivi, plusieurs observations, selon un  membre ayant participé à  ladite réunion, l’Honorable Lusenge Jérôme Bonane, ont été faites et sont en corrélation avec ce qui se passe aujourd’hui. Pour une certaine opinion,  le dossier de quatre cent Hutus assiégeant le Gouvernorat pouvait être assimilé à l’arbre qui cache la forêt, il faut donc le prendre au sérieux et éviter de donner au CNDP d’obédience tutsi, qui manipulerait ces hutus, l’occasion de déclencher une nouvelle guerre dès lors, selon cette opinion des députés, que le CNDP est éparpillé dans la région et est surarmé.

            Pour les défenseurs de cette thèse, il pourrait s’agir des hutus qui auraient vécu au Sud de Lubero dans le temps et auraient été expulsés vers les années 1992 par les forces Ngilima du Masisi. Ainsi, il faut jouer à l’apaisement en facilitant le retour dans les champs qui leur auraient appartenu.

            En réplique à cette opinion, d’autres députés ont démontré que cette thèse ne constitue pas une base de vérité à suivre mais plutôt une matière de recherche. Pour eux, il n’est pas bon de pointer abusivement du doigt le CNDP et les tutsi, leur attribuer une force qu’ils n’ont pas par rapport à l’insécurité dans la région. Pour le cas d’espèce, personne ne peut croire à l’innocence de la communauté hutu, au fait que celle-ci n’y est pour rien dans l’insécurité décriée, qu’elle est seulement manipulée et sollicitée dans les actions virulentes et criminelles attribuables aux tutsi.

            Pour une autre opinion, non la moindre, plusieurs hutus rwandais, ne voulant pas s’inscrire dans la logique retenue par la Conférence de Goma de janvier 2008 pour entrer comme réfugiés au Congo et surtout en territoire de Lubero, entrant par vague et par ruse souvent décriée, se cantonnent d’abord au Masisi comme lieu de transit d’où ils partent maintenant pour forcer leur entrée en territoire  de Lubero. Ceci, afin de déstabiliser les Banande. La confusion liée à la présence d’autres hutus au Masisi aidant, la question de nationalité est déjà réglée et ainsi le Masisi est en cours d’occupation facile.

            Enfin, la démarche tendant à demander au caucus des députés nationaux du Nord-Kivu de s’impliquer dans les activités de la commission créée par le Gouverneur du Nord-Kivu, en vue de  trouver une solution au problème de quatre cent hutus assiégeants le gouvernorat, n’a pas été soutenue par la majorité des députés. En effet, que peut-on attendre d’une commission créée et installée suite à un chantage et une pression exercée sur un gouverneur qui doit toujours délibérer en toute sérénité et toute liberté ?

            Les députés ont estimé qu’ils restent disponibles avec les chefs coutumiers et d’autres  notables pour participer aux travaux d’une bonne commission, à créer urgemment dans le cadre des résolutions de la conférence de Goma sur la Paix, la Sécurité et le Développement. Et que toute tentative de contourner ce schéma porterait un danger à dénoncer. Ainsi les manœuvres  tendant à retirer les éléments CNDP pour entretenir le chantage et la pression sur le Gouverneur et les populations de la région sont à rejeter et ne pourront aboutir sans l’appui des ethnies locales qu’il faut conscientiser et désolidariser de l’action du CNDP en cours.

            L’Honorable Lusenge jérome Bonane a insisté pour que les résolutions adoptées au Parlement pour retirer les militaires originaires de la province soient appliquées sans tergiversations. Il a en outre indiqué qu’il n’y a pas lieu, dans le chef du Gouvernement ni dans celui de la population, de développer une certaine frousse face à une force naturellement sans moyen humain et incapable d’agir sans liaison extérieure. Le Gouvernement central et le Gouverneur ne peuvent être pris en otage par une quelconque ethnie pour ses ambitions démesurées quel leque soit sa force. L’Assemblée Nationale ne devrait avoir des réserves ni des craintes pour aborder au grand jour et de manière efficace cette question, a martelé l’Honorable Lusenge Jérôme Bonane. Enfin , a-t-il conclu, le Président de la République, Commandant suprême des forces armées et le Gouverneur de province doivent compter sur l’appui manifeste des populations et des élus de cette province martyrisée depuis de longues dates. 

    Sylvestre saidi nyota

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