Bras de fer entre l’OCPT et le VP Bulupiy

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L’arrimage de la République Démocratique du Congo  au câble à fibre optique sous-marine dans le cadre du projet WEST AFRICA CABLE SYSTEM (WACS) ne sera pas effectif ce 25 avril, en dépit, de la réception du câble  le 17 février dernier sur le territoire congolais à Moanda. Par manque de station d’atterrage dont le Vice-premier ministre en charge de la Reconstruction et ministre des PTT avait posé la première pierre, les techniciens français d’Alcatel Lucent ne sauront pas procéder au test de signal à partir de leur bateau pour s’assurer de la transmission (du signal) jusqu’à la station de jonction nichée à l’Hôtel de Postes à Kinshasa. A la base de cette situation, il y a le recours par l’ex-OCPT à une entreprise sans référence ni expertise en cette technologie de pointe.

L’information et la communication sont à la base du fonctionnement de notre monde moderne, avec des enjeux économiques, politiques et culturels considérables. Et faisant basculer la planète dans une ère de l’information portée par une véritable révolution de technologies de l’information, les Nouvelles Technologies de l’information et de la communication (NTIC) augurent une nouvelle phase historique de la mondialisation et sont, de ce fait même, des signes d’une nouvelle marginalisation avec le fossé numérique qui se creuse entre le Nord et le Sud.

 Soucieuse de ne pas être mise à l’écart de l’évolution du « système-monde », la RDC a pris l’option de combler ce fossé non seulement en se connectant au câble à fibre optique sous-marine du système WACS, mais en devenant aussi membre de ce projet appartenant à un consortium international auquel participent des opérateurs et des investisseurs des pays africains et européens. Allant de Londres à Cape Town, WACS est un câble long de 14 000 km avec  de points d’atterrage prévus dans les pays membres aussi bien en Europe qu’en Afrique.

Membre du consortium avec 17 millions USD libérés sur les 25 souscrits, la RDC se devait, afin de rendre sa connexion effective, de construire des ouvrages d’atterrage. Il s’agit de la chambre de visite de plage (Beach Man Hole, BMH), la route de câble et la station d’atterrage de câble. A cet effet, la société française Alcatel Lucent, fournisseur des équipements avait conseillé, en son temps, à l’Etat congolais, la firme indienne SM CREATIVE ELECTRONICS LTD.  Opérateur officiel congolais dans le secteur des Télécoms, l’OCPT – devenu Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT) – se saisira du dossier pour le transmettre à la Commission de passation de marchés. Eu égard à la technologie à mettre en œuvre, au délai relativement court pour la réalisation des travaux et au fait qu’une seule entreprise était partante, il va en résulter un marché de gré à gré avec SM CREATIVE ELECTRONICS LTD pour une offre de 12,7 millions USD. Alors que l’heure était aux derniers réglages pour le début des travaux, l’ex-OCPT brandira douze jours plus tard une deuxième entreprise, SMART IDEAS TRADING, avec une offre de 12 millions USD. A la limite copie de la première, l’offre de cette dernière sera retenue par le Conseil des adjudications au détriment de la firme indienne. Vigilant, le Vice-premier ministre en charge de la Reconstruction et ministre des PTT Simon Bulupiy Galati va arrêter le Dg de la SCPT dans son élan, soulignant que SMART IDEAS TRADING n’a ni référence ni expertise avérée en cette technologie de pointe.

Le bras de fer entre ces deux responsables va faire descendre le président de la République dans l’arène. Désireux de faire bénéficier le pays du potentiel des NTIC, ce dernier en appelle à une harmonisation des vues entre parties pour le dénouement de la crise. Au travers d’un PV ad hoc dressé par les experts, ceux-ci conviennent d’élaborer un projet de lettre à adresser au président du Conseil d’administration du Conseil des adjudications sous la signature de la ministre du Portefeuille lui demandant de passer le marché à la firme CREATIVE ELECTRONICS LTD. Aussi les parties s’engagent-elles à négocier avec la firme indienne pour recueillir ses exigences. Au terme des pourparlers, celle-ci va revoir son offre à 11 900 000 USD. Mais l’ex-OCPT va confier le marché à SMART. Ainsi les techniciens d’Alcatel Lucent ne sauront pas procéder ce 25 avril au test de signal et la RDC aura à payer 150 000 USD de pénalité par jour pour le chômage du bateau câblier. Le cas échéant, la RDC pourra disposer d’une station d’atterrage qui ne répondra pas aux normes et qui ne sera pas fonctionnelle.  Et au bout du compte, la RDC ne va pas combler son fossé numérique au grand dam des opérateurs et de la population qui brûlent d’envie d’être en phase avec les NTIC.

Kimp

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