Braquage des cambistes de Yolo-Nord : trois éléments incontrôlés appréhendés

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Longtemps recherché et toujours introuvable, le fournisseur d’armes et
munitions de guerre aux malfaiteurs, moyennant paiement des espèces
sonnantes et trébuchantes, a été enfin identifié la semaine dernière,
par les limiers du Groupe de lutte contre la criminalité et les
stupéfiants. Il a fallu pour ce faire, intensifier la traque pendant
plusieurs années, au sein de différentes bandes opérant dans notre
pays, pour que la piste conduisant à ce mystérieux personnage soit
trouvée. Et ce, par un curieux concours de circonstances.
Au cours du tri des membres de la pègre mis dernièrement aux arrêts,
les éléments du Commissariat provincial ont découvert sous les
apparences d’un élément incontrôlé à l’allure inoffensive, un
artificier, sinon le logisticien auprès de qui les bandits recouraient
pour leur équipement en armes de guerre. Sergent major Elingiyo
Botamboli, mieux connu sous le pseudonyme Douglas, est apparu au yeux
des enquêteurs de la police, comme une pièce maîtresse de plusieurs
bandes des malfaiteurs.
Il a joué notamment  le rôle de pourvoyeur d’armes de guerre au sein
de deux bandes. La première chapeautée par Etisala Ayike alias Rio roi
de Janeiro, et la seconde a pour tête d’affiche, un certain Ilunga
Kasongo alias Libandi, habitant sur avenue Banana n° 14, quartier
Mwanatunu – Tchad, commune de Mont Ngafula. Ce chef de bande est
souvent relayé dans certaines missions criminelles, par le commissaire
adjoint Crispin Tshongbo Katanone, matricule 176001810048.
Sur la page de son récent passé, les policiers ont inscrit sa
participation aux braquages de cambistes de Yolo-Nord. Faits confirmés
par son comparse, le 1er sergent Mosengwo Maji alias Marjulin. Au mois
de septembre 2017, sa bande a fait parler d’elle au quartier
Yolo-Nord. Il était 17 H 40’. Assis sur des chaises, des cambistes de
coin de rue attendaient des clients. Une voiture venue de nulle part,
s’est arrêté à des mètres plus loin. A bord, la bande au commissaire
adjoint Ilunga Kasongo suivait les mouvements du changeur de monnaies
Johnny Mfimikele Mawu. Quand ce cambiste s’est approché de sa
résidence, les bandits débarquaient de leur engin, l’ont encerclé et
lui ont arraché le sac contenant 35 millions de FC, 1.800 dollars, un
téléphone portable androïd et d’autres bien de valeur. Au loin,
quelques passants réalisent que le cambiste Johnny est attaqué.
Personne n’a osé approcher pour s’enquérir de l’incident. Des coups de
feu crépitent aussitôt, comme pour mettre en garde les badauds
soucieux d’intervenir.
Les brigands qui ont remonté alors à bord de leur voiture et ont pris
une direction inconnue. Quand l’infortuné changeur de monnaies raconte
sa mésaventure, ses voisins compatissent à son malheur, lui proposant
de saisir la police. D’abord hésitant, et puis résolu, il est allé
porter plainte à la police. La bande a été retrouvée et arrêtée. A
l’issue d’un interrogatoire, leurs responsabilités ont été définies à
travers le rôle joué par chaque membre. En 2017, ce dossier de
braquage a été transféré à l’Auditorat général des Fardc. C’était le
28 octobre de l’année dernière. Moins de deux mois, les brigands ont
retrouvé leur liberté et relancé leurs activités criminelles. D’autres
braquages sont alors commis dans plusieurs coins de la ville de
Kinshasa. Pour les limiers du Groupe de lutte contre la criminalité et
les stupéfiants, pas de doute, la signature décelée dans ces vols,
était celle du commissaire adjoint Tshongbo Katanone Crispin, du
sergent major Elingiyo Bolamboli Bienvenu alias Douglas et du 1er
sergent Mosengo Maji.
Comme pièce à conviction, la police a saisi sur ce groupe des
malfaiteurs, l’arme FA n° 94355 avec deux chargeurs garnis et trente
munitions. Les enquêteurs de la police tentent aujourd’hui, de
localiser le magasin d’armement où le bandit Douglas s’approvisionne
régulièrement et de dresser la liste des armes et le nombre des
munitions volées et avec lesquelles la pègre entretient un climat
d’insécurité dans la ville de Kinshasa. La semaine prochaine, il est
certain que la police disposera de résultats de ces investigations.
J.R.T.

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