Bouclage des communes de Ngaba, Makala et Mombele : intimidations contre le sit-in de lundi

0
564
Des éléments de la Police Nationale fortement armés ont procédé au bouclage des communes de Ngaba, Makala et du quartier Mombele durant toute la nuit d’avant-hier et les premières heures d’hier. Les habitants n’ont pas pu sortir ni rentrer chez eux pour ceux qui avaient passé la nuit en dehors de leurs habitations. Ces opérations se sont poursuivies jusque vers onze heures de la journée d’hier et se seraient soldées par l’arrestation d’une vingtaine des jeunes qui ont été conduits vers une destination inconnue, selon des sources proches de certains Kinois approchés par Le Phare.
Selon la Radio Okapi captée à Kinshasa et des résidants de ces communes et quartier, ces opérations ont été lancées vers 2 heures du matin par des arrestations des dizaines des jeunes présentés comme des « combattants » de l’UDPS. Des maisons d’habitation ont été fouillées de fond en comble, à la recherche d’on ne sait quoi. Des biens meubles, dont entre autres des appareils de téléphonie cellulaire, des ordinateurs, des bijoux et autres objets de valeur, ont été confisqués, au grand dam de certains membres des familles éplorés et parfois brutalisés.
Quel est le vrai message de la Police Nationale ? Réprimer ou empêcher le droit de manifester pacifiquement qui est inscrit en lettres d’or dans la Charte Universelle des Droits de l’homme à laquelle la RDC a librement adhéré ? De tels actes sont perpétrés par la Police Nationale juste à quelques heures de la fin de ce dialogue dit national et inclusif et le jour même de la rentrée parlementaire.
          On constate aussi que ces vagues de répression interviennent juste à cinq jours des manifestations de sit-in devant LA CENI et les ambassades de la RDC à l’étranger prévues par la plate-forme « le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement » pour le lundi prochain. Pour le commun des mortels, le défilé des chars, véhicules d’eau chaude et canons qui a été observé avant-hier et hier sur les grandes artères de la ville et ces opérations de bouclage de certaines communes considérées des «points chauds» de Kinshasa apparaissent comme des actes d’intimidation gratuite à l’endroit des Congolais épris de justice et qui militent pour faire respecter la Constitution et les délais constitutionnels. Ces actes d’intimidation, selon l’opposition regroupée au sein du Rassemblement, constituent  la preuve éclatante du blocage de l’organisation et de la tenue des élections conformément aux prescrits de la loi fondamentale.
Effets contraires : ville morte
 
          Malheureusement, ces démonstrations de force, notamment le défilé des chars, véhicules d’eau chaude et canons à travers les artères les plus visibles et le bouclage des communes de Ngaba, Makala et le quartier Mombele risquent d’avoir des effets inattendus et contraires. Au lieu d’empêcher les sit-in, ces actes d’intimidation vont installer la psychose de la peur et provoquer une ville morte le lundi prochain. Car aucun parent n’enverra ses enfants à l’école; les banques resteront fermées faute d’agents et surtout des clients, les magasins, les usines, les ateliers, les marchés et tous les endroits des loisirs resteront fermés durant toute la journée de ce lundi 19 septembre.
          Cette démonstration des forces inaugure des lendemains incertains et Dieu seul sait ce qui adviendra pendant cette période des revendications populaires.
                   F.M.
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •