Les bons offices de Lourenço : 3me mandat, Kabila libre d’accepter ou de refuser

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En séjour à Bruxelles, où il séjourne depuis hier lundi 04 juin 2018 et où il a déjà été reçu par le Roi Philippe, avec au menu, les relations belgo-angolaises, mais aussi la crise congolaise, le Président angolais, Joâo Lourenço, a tenu à donner une énième précision au sujet de son dernier lobbying à Paris, en compagnie de son homologue rwandais, Paul Kagame, sur le sort futur du président Joseph Kabila. C’était, a-t-on appris, en marge d’une interview accordée à Euronews.

Assumant clairement et fermement ses opinions et sa position, l’homme fort de Luanda a rappelé ce qu’il a déjà dit dans la foulée de ses échanges avec le président français, Emmanuel Macron, à savoir qu’il n’a nullement l’intention de s’immiscer dans les affaires
internes de la RDC, ni d’imposer quoi que ce soit au Chef de l’Etat congolais.

Sa grande préoccupation, a-t-il également rappelé, est de voir le pouvoir en place à Kinshasa respecter scrupuleusement l’Accord du 31 décembre 2016, qui régit une transition qui devrait se terminer par des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en décembre 2018, sans la participation du président Kabila comme
candidat. Cet accord politique, a-t-il indiqué, est le gage de la stabilité dans la sous-région de l’Afrique Centrale, des Grands Lacs et de l’Afrique Australe.

S’agissant du cas précis de son homologue congolais, le président Lourenço a martelé qu’il était libre d’accepter ou refuser de postuler pour un troisième mandat à la tête de la RDC, ainsi que ne cessent de lui recommander plusieurs Chefs d’Etat d’Afrique et d’ailleurs ainsi
des organisations tant internationales que continentales.

«Nous sommes disponibles pour continuer à le conseiller, c’est tout.
Ce ne sont que des conseils, et il est libre d’accepter ou refuser nos
conseils », a-t-il souligné, avant de poursuivre : « Si nous disons
que nous voulons la stabilité, alors tout ce que nous ferons sera dans
l’intérêt de la stabilité, pour tous ».
Voisine de la RDC, l’Angola, selon son président, a tout à craindre
de la crise congolaise, de même que les autres Etats de l’Afrique
Centrale, des Grands Lacs et de l’Afrique Australe. A ce propos,
Lourenço fait remarquer que « la RDC a plus de 2.500 kilomètres de
frontière avec l’Angola. Seulement pour cette raison, il est dans
l’intérêt de l’Angola qu’il y ait une stabilité de ce pays voisin ».
Et l’homme d’Etat angolais de donner une petite leçon de géopolitique
à la cantonade : « Cette préoccupation ne concerne pas seulement
l’Angola mais, en général, tous les autres pays voisins. Nous somme
neuf, en tout qui partageons des frontières avec la RDC. Et nous
suivons de près l’évolution de la situation… Nous sommes neuf pays
autour de la RDC.  Ce n’est pas seulement l’Angola qui souffrirait.
C’est ce que nous voulons éviter, donc il vaut toujours mieux prévenir
que guérir. Et nous travaillons dans ce sens. Nous parlons
régulièrement, avec une certaine régularité, au président Joseph
Kabila ».
Ainsi qu’on peut le percevoir, la crise congolaise tient à cœur
plusieurs décideurs politiques d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et
d’Asie. Mais, compte tenu de sa proximité géographique, culturelle,
économique et sociale avec la RDC, l’Angola est, plus que les autres,
fort inquiète des incertitudes qui entourent le processus électoral
congolais. D’où, son président, Joâo Lourenço, ne peut que se placer
du côté de ceux qui appellent, de tous leurs vœux, à la tenue
d’élections libres, démocratiques et transparentes, ainsi qu’à une
passation civilisée du pouvoir au sommet de l’Etat, à l’horizon 2018.
Kimp

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