Boboto, Bosangani, Motema Mpiko et consorts en rébellion !

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On croyait que la page de doute et hésitation était définitivement tournée avec le respect par le gouvernement de ses engagements ; voilà que le réseau conventionné catholique semble déterminé à défier l’autorité de l’Etat !

Dans quelques établissements scolaires du réseau catholique, en l’occurrence l’institut Boboto, les lycées Bosangani, Motema Mpiko, Toyokana, Kimwenza, etc. les enseignants refusent de dispenser les cours aux enfants. Les élèves sont abandonnés à leur triste sort parce qu’ils restent seuls dans les salles de cours jusqu’à la sortie des classes sans rien recevoir comme enseignements du jour.

            Interrogés, certains responsables qui ont accepté de s’exprimer sous le sceau de l’anonymat indiquent que l’ordre d’observer un arrêt des cours est venu d’en haut. C’est-à-dire de la coordination des écoles conventionnées catholiques.

            De leur côté, la plupart des enseignants approchés disent ne pas partager la position de l’église visant à maintenir la prise en charge des enseignants par les parents pour double raison.

            Premièrement : ils font savoir que cette pratique a fini par ôter aux enseignants toute autorité sur les élèves qu’ils encadrent du fait que les parents étaient devenus des bailleurs de fonds. Cela a eu pour conséquence : la baisse très sensible du niveau de l’enseignement national du primaire jusqu’au supérieur.

            Deuxièmement : en tant que parents, la gratuité décrétée par le gouvernement pourra non seulement aider à mettre fin au calvaire qu’on endurait à la rentrée scolaire, mais c’est également l’occasion donnée à tous les enfants d’étudier quel que soit le rang social de leurs parents.

Une grève aux ordres donnés dans le noir !

            Ce qui est étonnant, c’est le fait de constater que ce n’est pas l’ensemble des établissements conventionnés catholiques qui observent l’arrêt des cours. Il n’y a que quelques écoles de la capitale à compter au bout des doigts, pendant que tous les restes fonctionnent comme il se doit. Tout comme les écoles des autres confessions religieuses (écoles protestantes, salutistes, etc.).

            Pourquoi alors l’institut Boboto, lycée Bosangani, lycée Motema Mpiko, lycées Toyokana et Kimwenza veulent-ils faire la différence ? Ont-ils un autre programme d’enseignement ou sont-ils soumis au seul programme dont l’Etat congolais propriétaire des écoles reste détenteur ? Ces établissements ont-ils un autre titre sanctionnant la fin des études secondaires en RDC ou leurs finalistes à l’instar des autres obtiennent seulement le diplôme d’Etat ?

            En outre, que ceux qui tiennent à maintenir cette pratique d’avilissement de la fonction d’enseignant disent à l’opinion : pour le compte de qui le font-ils ? Car, personne ne peut prouver à l’opinion que les enseignants se sont épanouis durant un quart de siècle où la pratique de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves, a existé.

            Sans courir le moindre risque d’être contredit, on peut affirmer tout haut que la pratique n’a profité qu’à ceux-là qui militent pour son maintien qu’aux bénéficiaires pour lesquels la prise en charge a été instituée. Après eux, les grands bénéficiaires d’un système avilissant dont ils éprouvent du mal à abandonner malgré le changement intervenu, viennent en deuxième position les gestionnaires d’écoles. Voilà les deux catégories de jouisseurs qui se battent griffes et ongles pour que le bifteck ne leur soit pas retiré de la bouche.

Double langage

de l’église

            Par ailleurs, on ne parvient pas à comprendre à quel jeu s’adonne l’église catholique. D’un côté, les responsables font des déclarations de soutien à la décision gouvernementale décrétant la gratuité de l’enseignement de base – il y a quelques jours, le responsable de la coordination des écoles conventionnées catholiques a été le réaffirmer au ministre de l’EPST ; et de l’autre côté, on donne le mot d’ordre pour l’arrêt des cours dans quelques écoles du même réseau ! Qui est à la manœuvre ou qui fait le jeu ?

On rappelle que mardi dernier, l’Archevêque de Kinshasa le Cardinal Fridolin Ambongo a animé une conférence de presse, la première après sa création comme cardinal. Et la situation reste en l’état !

Dom  

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