Blocage du bief maritime : sabotage économique planifié

0
83

La grève des cadres et agents de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM), déclenchée il y une semaine, avec pour retombées négatives immédiates le blocage du bief maritime entre Banana et Matadi et l’épuisement à vue d’œil des stocks pétroliers, des vivres, du ciment…vient de révéler sa véritable facette. A en croire des sources crédibles qui se sont confiées hier au Phare, il s’agit d’une cabale montée par des mandataires de cette entreprise, avec la complicité des membres de l’Intersyndicale, pour contraindre le gouvernement à décaisser, d’urgence, la bagatelle somme de dix millions de dollars américains, sous prétexte que l’achat en urgence, d’une nouvelle drague, serait la solution au mouvement de revendication du personnel.

En réalité, la fameuse nouvelle drague allait coûter moins de la moitié de cette somme. Selon les calculs des architectes de ce montage financier, une infime partie du bonus allait servir à l’apurement de quelques mois d’arriérés de salaires sur 22. Tandis que le gros lot allait être partagé entre initiés.

Pour le malheur des vautours, au lieu de se focaliser sur l’achat d’une nouvelle drague, les grévistes ont plutôt posé comme préalable à toute reprise du travail et donc de la réouverture du trafic maritime entre l’embouchure du fleuve Congo et le port de Matadi la liquidation complète de leurs 22 mois d’arriérés de salaires. Une scène cocasse a été même été vécue hier mercredi à Boma, à savoir la mise sous scellés, par les travailleurs de la CVM, de tous les bureaux de la direction générale comme des cadres.

            La cause de leur montée de colère n’était autre que le message de l’Intersyndicale les invitant à surseoir à la grève pendant une semaine, de manière à permettre au comité de gestion de réunir de quoi payer un mois d’arriérés de salaires. Mais l’information relative à la cagnotte de dix millions de dollars à allouer à l’achat d’une drague supposée neuve ayant fuité, les grévistes ont opté pour la paralysie totale du trafic maritime comme de l’administration de leur entreprise.

            On apprend, aux dernières nouvelles, que face à la fermeture du chenal, empêchant tout mouvement des navires de haute mer entre Banana et Matadi, à la montée comme à la descente, la Socir a écrit aux ministres des Hydrocarbures et des Transport afin qu’ils obtiennent de leur collègue de la défense, la réquisition des pilotes de la force navale pour assurer un service minimum de transport des produits pétroliers entre la côte Atlantique et le port de Ango-Ango, de manière que le pays ne connaisse pas une rupture totale des stocks des produits pétroliers.

            Tout en souhaitant que cette solution palliative tienne la route, les observateurs pensent que le gouvernement devrait initier, sans délai, un audit du côté de la trésorerie de la CVM pour savoir comment une entreprise publique qui engrange des recettes en termes des taxes liées au dragage et au pilotage, par ses équipages, des navires étrangers sur le bief maritime, en soit arrivée à cumuler jusqu’à 22 mois d’arriérés de salaires. Dans l’hypothèse de mégestion dans le chef de ses mandataires, la solution radicale serait leur mise à la porte et à la disposition de la justice, suivie de leur remplacement par des gestionnaires compétents et intègres.

            Quant au dossier de la drague, sa facture devrait être examinée à la loupe. Bref, le blocus économique dont souffre présentement le pays est l’oeuvre de quelques esprits tordus. Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •