Bindo refait surface à partir du Nord-Kivu

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Après avoir causé de nombreux dégâts dans certains foyers à la recherche du bien-être, ruiné de petites et moyennes entreprises en quête de financements et entraîné la fermeture des micro-entreprises du secteur informel, le phénomène de placement «  Bindo » de triste mémoire qui avait donné à la Banque centrale du Congo, du fil à retordre, à une certaine époque, tente de refaire surface chaque fois que la crise multiforme touche le plus grand nombre.

On croyait le phénomène éradiqué, mais des années plus tard, profitant de la naïveté de la population congolaise, quelques opérateurs financiers ont érigé sur les ruines de «  Nguma » et « Paniers de la ménagère », d’autres établissements d’épargne et de crédit dont le sort a fini par être réglé devant les cours et tribunaux. Les plaintes de certains épargnants déçus traîneraient encore dans les tiroirs des commissions économico-financières de l’Assemblée nationale.

L’autorité monétaire, interpellée par la résurgence de ce phénomène à la peau dure, a décidé d’être plus regardante dans ce secteur juteux pour des affairistes de tous bords.
C’est ainsi qu’à la suite de nombreuses plaintes enregistrées par ses services compétents et émanant de quelques épargnants, la Banque centrale du Congo avait en son temps ouvert un dossier spécial sur les coopératives d’épargne et de crédit, autres établissements financiers qui foisonnent dans le Nord-Kivu.

Certains, a-t-on appris dans ce secteur, seraient même le prolongement des activités financières entretenues par des groupes rebelles du Nord-Kivu.  
Bien que la plupart des coopératives d’épargne et de crédit fonctionnaient dans le respect de la législation applicable à ce genre d’établissements financiers, l’autorité monétaire a dépêché dans cette province longtemps en proie à la rébellion, plusieurs missions de contrôle.
Les rapports établis sur leur fonctionnement ont dévoilé de nombreux cas d’irrégularités.

Aussi, pour prévenir la réapparition du phénomène Bindo, et des cas de blanchiment d’argent sale, le gouverneur Jean-Claude Masangu vient d’ouvrir plusieurs fronts contre les activités financières liées à la criminalité transfrontalière.
Et c’est pour renforcer l’efficacité de l’Institution d’émission qui représente une de ses plus grandes préoccupations, qu’il a décidé la fermeture de 9 coopératives d’épargne et de crédit du Nord-Kivu, épinglées dans les rapports de mission par les agents de la Direction de surveillance des intermédiaires financiers.
Sur cette liste, on cite Coopec Kiwanja, Coopec Rutshuru, Coopec Beni, Coopec Umoja Butembo, Coopec Unité de Goma, Coopec Agropas Le grenier à Goma, Coopec Mouvement des ouvriers chrétiens du Congo à Goma, Coopérative centrale d’épargne et de crédit Coocec Nord-Kivu, Coopec Kanyabayonga, et Coopec Nord-Kivu à Goma.
En attendant la publication de ces mesures, le gouverneur Jean-Claude Masangu qui tient à sauvegarder les intérêts des épargnants, a également décidé la nomination des liquidateurs appelés à gérer ces différents établissements et à finaliser les dossiers de liquidation.

Il s’agit des cabinets d’audit réputés pour leur expertise et leur compétence.
Ainsi le cabinet d’audit, de comptabilité et de conseils «  Consultancy developement and business organisation ( CDO) a été désigné pour Coopec Kiwanja, Coopec Rutshuru, Coopec Agropas Le grenier à Goma, Coopec Mouvement des ouvriers chrétiens du Congo à Goma  et Coopec Beni. 
Les coopératives d’épargne et de crédit Umoja Butembo, Coopec Unité à Goma, Coopérative centrale d’épargne et de crédit Coocec Nord-Kivu à Goma, Coopec Kanyabayonga, et Coopec Nord-Kivu ont été placées sous la supervision du cabinet d’audit et de conseils «Humanitas ».  

Nous apprenons qu’à la suite de ce train des mesures de l’autorité monétaire, un vent d’assainissement souffle dans les milieux financiers du Nord-Kivu, dont on dit qu’ils étaient infiltrés par des groupes rebelles écumant l’Est et poursuivant dans l’impunité, l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC.
L’on croit savoir que ce coup de pied de Jean-Claude Masangu dans la fourmilière va certainement inspirer d’autres décideurs politiques indifférents à ce qui se passe dans le Nord-Kivu. La population de Nord-*Kivu qui s’est réjouie de ces décisions de la BCC, a d’autre part été invitée à ne plus s’adresser à ces coopératives d’épargne et de crédit radiées par l’autorité monétaire.

  J.R.T.

 

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