Bientôt les pluies, attention aux dégâts

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0Véritable casse-tête pour les automobilistes kinois, les chantiers des infrastructures routières ouverts récemment sur plusieurs artères principales de la ville de Kinshasa, notamment le boulevard Lumumba au niveau du district de Tshangu, les avenues By Pass dans la commune de Lemba, 24 novembre dans la commune de Bandalungwa, Poids Lourds pour ne citer que celles-là, posent déjà au cours de cette saison sèche, de sérieux problèmes de trafic. Car, aujourd’hui, circuler en véhicule est devenue une épreuve de tortures mécaniques, et rouler à moto équivaut à une séance d’acrobaties pour cascadeurs.

 Et pour cause ! Les voies de dégagement choisies par les responsables de la ville, pour désengorger le trafic sur de grandes routes, ces voies datant toutes de l’époque coloniale, malheureusement non entretenues depuis plus de quatre décennies, se retrouvent elles aussi dans un état de délabrement avancé. Les vieilles rues en terre battue rongées sur certains tronçons par des crues des eaux de pluies, parsemés par des flaques d’eaux déversées par des caniveaux bouchés, s’apparentent aux pistes de rallye de brousse africaine. Les avenues macadamisées qui jadis, faisaient la fierté de certains quartiers des évolués de la capitale, sont aujourd’hui dégarnies de plaques d’asphalte, méconnaissables et impraticables. Et celles encore praticables, sont envahies par des colonnes interminables des véhicules et des motos qui s’entassent dans un désordre indescriptible. D’où la naissance des bouchons et des embouteillages qui grossissent à un rythme infernal, au point que l’on perd non seulement son latin, la patience et pire, plus de deux heures avant que soit obtenu de haute lutte, un dégagement hypothétique par des chauffeurs au sens élevé de courtoisie routière, alors que dans une terrasse reculée du coin, quelques éléments de la PSR accablés par la canicule et terrassés par la faim et la soif, noyent leurs soucis autour d’un verre de mousse, en critiquant l’état de délabrement des infrastructures qui leur cause des insomnies.

La saison des pluies et les dégâts dans les chantiers

 La lenteur avec laquelle sont exécutés les travaux d’infrastructures laisse entrevoir clairement que la majorité de ces chantiers ne seront pas achevés d’ici le retour de la saison des pluies qui pointe à l’horizon. Et dès que tomberont les premières pluies diluviennes, que des dégâts ne pourrait-on pas enregistrer ! Les eaux de pluies vont emporter certainement des mottes de sable et de la poudre des caillasses entreposées dans les différents chantiers. Les quelques ouvrages inachevés seront davantage détruits avec le courant des eaux qui va certainement tout ravager dans leur passage.

 C’est souvent sous de telles intempéries que la circulation routière devient un véritable nœud gordien, surtout avec la rentrée scolaire en septembre qui va mobiliser plus de véhicules pour le transport des écoliers. Et les voies de dégagement ne pourront que se détériorer davantage avec l’intensification du trafic et la charge de gros camions et bus. Leur sort ne sera plus que lamentable, car après avoir soulagé la circulation routière pendant la période des travaux, elles seront délaissées dans cet état piteux sans l’espoir d’être un jour, réfectionnées. Voilà pourquoi de nombreuses voix s’élèvent pour solliciter la prise en compte dans le programme des infrastructures routières de la ville de Kinshasa, la réfection dans certaines communes, des avenues et autres rues appelées à servir des voies de secours. Mais c’est aussi le lieu de relever qu’avec le développement de la ville de Kinshasa, la forte croissance démographique, le surpeuplement des communes urbanisées, les anciennes routes prévues pour moins de véhicules, voyent complètement dépassée leur capacité d’accueil. D’où il faut prévoir leur élargissement avec l’érection des caniveaux et des trottoirs, surtout avec les constructions en hauteur dans de parcelles résidentielles dépourvues de parkings intérieurs qui poussent comme des champignons.

 Diriger, c’est prévoir, dit-on, mais en RDC, on ne gère que le quotidien sans souci du lendemain. Des catastrophes peuvent survenir comme des érosions, au moment où l’on s’y attend le moins du monde.

                                                                                                             J.R.T.

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