Beni et Butembo : après les élections, Ebola frappe l’Examen d’Etat

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Les finalistes des écoles secondaires de Beni et Butembo, au Nord-Kivu, n’ont pu prendre part, hier jeudi 02 mai 2019, à l’épreuve de dissertation, retenue comme la première épreuve des hors-session de l’Examen d’Etat sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Comme lors des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales organisées le 30 décembre 2018, la maladie à virus Ebola s’est invitée comme cas de « force majeure » pour obliger le ministre intérimaire de l’Enseignement Primaire et Secondaire, Emery Okundji, à prendre acte du report.

            Il y a maintenant la probabilité d’organiser, du 17 au 22 mai, la dissertation et d’autres épreuves faisant partie du paquet des hors-session. Mais rien n’est sûr. Si les ravages d’Ebola persistent, comme c’est le cas aujourd’hui, en dépit de la mise sur pied, à l’initiative du Chef de l’Etat, d’un Comité de pilotage multisectoriel de la riposte contre cette épidémie et des actions de prévention, notamment par vaccination, un nouveau report de l’Examen d’Etat est à craindre, pour le mois d’août.

Ce qu’il y a lieu de souligner est que tout le monde est d’accord que les conditions sanitaires qui prévalent au Nord-Kivu, suite à la présence du virus d’Ebola depuis 8 mois, ne permettent pas la tenue de l’Examen d’Etat. Il n’y a pas, jusqu’à preuve du contraire, la moindre contestation pour accuser la coalition FCC – Cach actuellement au pouvoir, le gouvernement, le ministère ou l’Inspection Générale de l’Enseignement Primaire et Secondaire ou une main noire d’avoir planifié un coup fourré contre les parents et élèves de cette partie de la République.

            Mais pourquoi accepter Ebola comme cause majeure de la non tenue de l’Examen d’Etat à la date initialement et ne pas l’admettre pour le cas des élections de décembre 2018, dans la même aire géographique nationale et face aux mêmes compatriotes ?

            Même si la CENI et l’ancien pouvoir étaient passés maîtres dans l’aménagement d’agendas cachés visant l’enlisement voire le sabordage du processus électoral, force est d’avouer que l’épidémie d’Ebola constituait réellement une contrainte technique impossible à résoudre en ce temps et même dans le temps présent.

            Si les acteurs et actrices politiques qui avaient douté des dégâts humains de ce fléau au Nord-Kivu pouvaient faire leur mea culpa, une avancée notable pourrait être enregistrée dans la voie de la réconciliation nationale et de la tolérance. L’exclusion temporaire des finalistes de cette province de l’Examen d’Etat devrait interpeller davantage la communauté la nationale sur les dangers qu’Ebola fait courir à toute la Nation et inciter les forces vives de la Nation à participer à l’effort commun visant son éradication.

                           Kimp

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