Beni : le Commandement de Sokola 1 délocalisé à Eringeti

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Le Lieutenant-colonel Amozoun Codjo Martin, porte-parole militaire de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), a indiqué, hier  mercredi 11 mai 2016, qu’au Nord-Kivu, la situation sécuritaire demeure précaire dans plusieurs territoires, notamment Beni, Masisi et Rutshuru, suite à l’activisme des éléments de l’Alliance des Forces Démocratiques (ADF), de l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS), et des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).

Depuis le territoire de Beni où il se trouve, en effet, il a indiqué que les éléments réfractaires de l’ADF ont poursuivi leurs activités négatives contre les populations civiles et les Forces de Défense et de Sécurité congolaises, et ce, après l’attaque ayant causé le 3 mai 2016, la mort d’environ dix-sept (17) individus à Luna.

Le 4 mai 2016, les FARDC soutenues par des Casques bleus du contingent Sud-africain de la Brigade d’Intervention de la Force de la MONUSCO, ont repoussé une attaque de l’ADF contre leurs positions
situées à Opira, à 7 kilomètres au Sud d’Eringeti.

Apres le massacre des 21 civils le mardi 3 mai dans la soirée à Minibo et Mutsonge à Beni,  la hiérarchie militaire des FARDC avait décidé de délocaliser le commandement militaire des opérations « Sokola I » de la ville de Beni vers le « triangle de la mort » compris entre Mbau, Kamango, et Eringeti, dans le territoire de Beni. L’objectif de cette délocalisation, avait expliqué le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku,  est de rapprocher  l’armée des lieux où se déroulent les activités criminelles et ainsi épargner les populations qui sont dans les grandes agglomérations. Une décision que le président de la Société civile du territoire de Beni avait qualifiée de tardive, dans la mesure où l’appel  à la délocalisation momentanée du commandement des opérations Sokola I a Oicha avait été lancé bien avant que les civils ne soient de nouveau massacrés dans la région.

Toujours face à cette insécurité récurrente, des organisations de
défense des droits de l’homme ont exprimé leur crainte de voir
certains élèves habitant certaines localités de Beni ne pas terminer
l’année scolaire qui doit s’achever en juin prochain. Les
gestionnaires de dix établissements scolaires primaires et secondaires
des villages cibles de récentes attaques des présumés rebelles ADF à
Beni (Kisiki, Petina-saka, Samboko, Totolito et Kokola) ont délocalisé
depuis la semaine passée leurs établissements à Oïcha, Eringeti,
Maymoya et Mbau. Ils disent vouloir permettre aux élèves de terminer
l’année en sécurité.
Les organisations de défense des droits humains pensent qu’au moins
une centaine d’enfants ne pourront pas terminer cette année scolaire.
« La population qui s’est déplacée ne sait plus honorer les frais
scolaires pour leurs enfants et beaucoup ont abandonné les cours. Vous
savez, notre base économique ici c’est l’agriculture. Dès qu’on a plus
accès au champ, on n’a plus de moyens et la situation devient
catastrophique », a expliqué Lewis Kambale Saliboko, chef de
l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), à
Oïcha.
Le territoire de Beni fait face depuis plus d’une année
à l’activisme des groupes armés qui s’en prennent aux populations
civiles. Des centaines de civils sont tués.
Tshieke Bukasa

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