Bemba : nouveau couac pour 2023

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Déclaré non partant par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) puis la Cour Constitutionnelle, en août 2018, pour la présidentielle du 30 décembre 2018, pour cause de condamnation définitive par la CPI (Cour Pénale Internationale) pour la subornation de témoins, Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République et sénateur honoraire, n’est toujours pas sorti de l’auberge. Débouté de nouveau, le week-end dernier, par la Chambre d’Appel de cette juridiction, où il avait introduit une requête visant à obtenir l’annulation de la décision du premier juge, il est réputé « politiquement mort » pour 2023, date d’expiration du mandat de l’actuel Chef de l’Etat, et qui devrait remettre les compteurs à zéro, pour une nouvelle compétition électorale, au sommet de l’Etat.

Le rejet de son appel est lourd de conséquence car il signifie, pour le président national du MLC (Mouvement de Libération du Congo) et Coordonnateur en exercice de « Lamuka », la plate-forme présumée soutenir la candidature d’un de ses sociétaires en 2003, une nouvelle disqualification sur le tapis vert. La question que se posent les observateurs est de savoir si Jean-Pierre Bemba dispose de nerfs suffisamment solides pour affronter la dure épreuve de la non participation à la bataille électorale pour la prochaine présidentielle.

« Politiquement en hibernation » pendant dix ans au centre pénitencier de la CPI, à la Haye, de 2008 à 2018, sous le statut de détenu à titre préventif, dans l’affaire des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Bangui, en Centrafrique, en 2002, par des éléments de sa rébellion, le « Chairman » pensait rebondir politiquement après sa libération, dans un contexte où le mot d’ordre était à l’unité de l’opposition pour obtenir l’alternance au sommet de l’Etat face au kabilisme.

            On aura noté que pendant les dix ans de son éloignement de sa « base », Jean-Pierre Bemba avait assisté, impuissant, au départ massif des cadres du MLC pour d’autres partis politiques pour les uns, et à la création de leurs propres partis pour d’autres. Quelques fidèles avaient résisté à la tentation de traverser la rue pour l’ex Majorité Présidentielle de Joseph Kabila, qui tendait largement ses bras aux dissidents ou « exclus ».

            Ce qu’il faut craindre, une fois de plus, c’est une nouvelle saignée liée au désespoir de voir le président national du MLC et Coordonnateur de « Lamuka » ne pas revenir à l’avant-scène de l’espace politique national. Déjà difficile à supporter par ses anciens cadres entre 2008 et 2018, sa nouvelle « mort politique » risque de l’être davantage en prévision des joutes électorales de 2023. La grande difficulté de Jean-Pierre Bemba va se situer au niveau de la mobilisation des troupes pendant que lui-même, le « commandant », est totalement désarmé sur le front de bataille.

Kimp

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