Bazana, le nouveau Lumumba

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Parents, amis, connaissances, hommes politiques, diplomates, activistes des droits de l’homme et professionnels des médias ont pu enfin rendre, vendredi 08 et samedi 09 avril 2011, l’hommage que méritait Fidèle Bazana, l’ancien chauffeur de l’ancien Directeur Exécutif de l’Ong La Voix des Sans Voix, assassiné en même temps que son patron, entre le mardi 1er et le mercredi 02 juin 2010, mais dont le décès était encore couvert d’un nuage épais. C’est finalement le jeudi 24 mars 2010 que la Cour Militaire de la Gombe, qui instruit le procès de leurs assassins présumés, a daigné enfin proclamer officiellement sa mort, à la suite d’une vive pression des avocats de la partie civile.

En cette douloureuse circonstance, à la rotonde du Home de l’Assanef, au croisement des avenues Nyangwe et ex-24 Novembre, dans la commune de Lingwala, un détail a frappé l’assistance : l’absence du cercueil où devait, selon le rituel traditionnel, reposer le corps du mort. Et, en lieu et  place du cercueil, un portrait géant de Fidèle Bazana attirait les regards de tous.

L’image de ce chauffeur, lui aussi activiste des droits de l’homme, a arraché des larmes indistinctement à  presque tous ceux et toutes celles qui sont allés s’incliner devant elle, en guise d’ultime hommage à Bazana. Sa veuve et ses enfants étaient inconsolables. Pleurs et larmes étaient au cœur de ces deux journées d’immense tristesse.

 

Le moment le plus intense en émotion est intervenu lorsque la veuve Bazana, dans son pathétique message en direction des autorités judiciaires mais aussi des décideurs politiques, ont exigé que lui soit rendue la dépouille de son mari, afin que sa famille puisse organiser en sa mémoire les funérailles qu’il mérite. Malheureusement, aucune réponse n’est venue en écho à cette requête formulée depuis la disparition de l’intéressé.
Qu’a-t-on fait du cadavre de Fidèle Bazana, que des sources policières, qui avaient contacté La Voix des Sans Voix au lendemain de l’assassinat de Floribert Chebeya, avaient pourtant signalé du côté de Mpasa, dans le périmètre de l’aéroport international de N’ Djili, avant son transfert vers une morgue de la place ? Après la confirmation de sa mort par la Cour Militaire de Gombe et la délivrance d’un certificat de décès à sa famille, l’on commence à se demander si le corps de Bazana n’aurait pas sufi le même sort que celui de Lumumba. Ce témoin gênant, que les assassins de Chebeya ne pouvaient pas laisser vivant, avait-il été jeté dans le fleuve Congo, brûlé vif, coupé en morceaux avant d’être plongé dans un bain d’acide, enfoui loin sous terre dans un endroit secret ?
La famille de Bazana, sa veuve, ses orphelins, les activistes des droits de l’homme, les professionnels des médias, les diplomates, la classe politique congolaise aimeraient avoir des réponses à un mystère qui persiste depuis 10 mois.         

Kimp

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