Bassin du Congo : l’Afrique doit rompre avec la gestion coloniale des forêts

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Organisée par la fondation Volkswagen, en collaboration avec la faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, la conférence sur la « Durabilité foresterie et inégalités sociales : acteurs, cadre légal et politiques d’investissements » s’est tenue le vendredi 26 avril 2019 dans la salle Bayona Ba Meya de ladite faculté. Plusieurs orateurs ont expliqué à l’assistance le bien-fondé du thème du jour. Il s’agit des professeurs Blaise-Pascal Ntrumenyerwa Mihigo de l’Unikin, Maria Brockhaus, Symphorien Ongolo, Patrice Bigombe, Xiao Jianmin ainsi que de l’étudiante Zhao Yue, en présence de la doyenne de cette faculté, Marie Thérèse Kenge Ngomba Tshilombayi, et du prof Nicole Ntumba Bwatshia. De manière unanime, il en est ressorti que le modèle de gestion mis en place par le colonisateur reste encore en vigueur. Ce système ne semble pas à l’avantage des populations africaines.

            Marie Thérèse Kenge Ngomba Tshilombayi, doyenne de cette faculté de Droit, a estimé que cette rencontre devait permettre aux étudiants  de mieux vivre certains faits d’actualité et faire une évaluation de l’évolution législative.

            Exposant sur la sociologie historique de l’Etat forestier en Afrique centrale c’est-à-dire, comment dans l’histoire, l’Etat est devenu acteur principal dans la gestion des forêts, le prof Patrice Bigombe, de l’Université Yaoundé 2 du Cameroun a précisé qu’actuellement, on ne peut pas comprendre la problématique de la gestion des forêts dans le bassin du Congo sans remonter à l’histoire. Ce qui se passe aujourd’hui dans le conteste de la gestion des forêts a un lien essentiel avec la manière dont l’Etat colonial avait planifié à la gestion des forêts. Et, les pays concernés n’ont pas encore eu le courage de décoloniser la gestion des forêts. Il y a une politique de continuation. La question qui reste posée est de savoir si l’exploitation de la gestion des concessions forestières est bénéfique aux Etats et populations dépendantes des forêts. La seconde question est celle savoir si l’exploitation des concessions forestières a généré le bien-être social. Enfin, il est question de savoir qui est le bénéficiaire de cette exploitation forestière.

            Des hypothèses ont été formulées à cet effet. Il s’agit de l’exploitation des concessions forestières en Afrique Centrale bénéficie essentiellement aux acteurs qui sont en position de domination dans les champs de la gestion des forêts. L’appropriation sociale médiocre de la gestion actuelle des concessions forestières s’explique par le contexte colonial. Enfin,  la forêt est considérée comme une rente car, le modèle colonial est en vigueur  jusqu’à ce jour.

Blaise Pascal Ntrumenyerwa de la faculté de Droit de l’Unikin, qui s’est étalé sur les mécanismes internationaux de protection des forêts, a précisé que les forêts du bassin du Congo sont menacées par la déforestation et la dégradation. Et, il y a des causes directes et sujacentes. Et, comme cause directe, il y a l’agriculture, et comme cause jassantes, il y a le facteur démographique avec les multiples guerres qui entrainent l’exploitation illicite de ces forêts.

            Pour le prof. Maria Brockhaus, lorsqu’on aborde la question de gestion des forêts ou du nouveau mécanisme mis en place pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, il faut se mettre en tête qu’il s’agit d’une question politique, des rapports de pouvoir ou de force entre des intérêts et accords. Et, les bénéfices qui proviennent de ces rapports de force n’est pas profitable à tous les acteurs.

Le prof. Xiao Jianmin, qui s’est appesanti sur l’exploitation forestière au Mozambique a, pour sa part, confirmé que les entreprises chinoises qui  exploitent les forêts usent de la corruption et débordent des superficies leur octroyées.

Yves Kadima

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