Un banal incident de moto en Inde

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Il s’appelait Olivier Masonda. Ce jeune congolais de 29 ans, professeur de français dans une école du quartier Vasant Kung, dans le sud de New Delhi, en Inde, il menait une vie tranquille lorsque tout à basculé le vendredi 20 mai 2016, à la suite d’un banal incident de route. Après une dure journée de travail, notre compatriote a fait appel à un taxi-moto en vue de conduire chez lui. Mais, au moment où il s’apprêtait à monter sur le siège arrière de l’engin, il a vu surgir trois inconnus, visiblement des Indiens, qui ont prétendu jouir de l’exclusivité de ce type de transport en commun.
Surpris par un tel discours, Olivier Masonda a tenté, mais en vain, de leur expliqué que c’est lui qui avait appelé, le premier, le taxi-moto. Pendant qu’il était occupé à parlementer avec le trio, une pierre, lancée par l’un des trois Indiens, l’a atteint à la tête, suivie d’un second projectile. Violemment touché, le Congolais s’est écroulé et a perdu connaissance. Conduit dans une formation médicale pour des soins d’urgence, il a succombé, peu après, à ses blessures.
L’enquêtée diligentée par la police indienne a permis, grâce aux vidéos-surveillance, d’identifier les auteurs du crime. De son côté, l’ambassade de la RDC à New Delhi a déjà élevé une vivre protestation auprès du ministère indien des Affaires Etrangères. On apprend qu’elle suit le dossier d’Olivier Masonda afin que ses meurtriers subissent la rigueur de la loi et que sa famille soit dédommagée à la hauteur des préjudices moraux et matériels qu’elle vient de subir.
La nouvelle de son décès a rapidement été relayée dans les médias et les réseaux sociaux, au point d’atteindre aussi sa patrie d’origine, la République Démocratique du Congo. La consternation mêlée à la colère a gagné les milieux aussi bien des Congolais de la diaspora que de ceux restés au pays. L’indignation est d’autant grande qu’il y a trois ans, des étudiants congolais avaient été arrêtés et soumis à des traitements inhumains et dégradants dans la ville de Jallandhar, dans l’Etat du Punjab, pour avoir protesté contre le lynchage d’un des leurs camarades.
Il avait fallu des manifestations violentes des Kinoises et Kinois contre les commerces tenus par des Indo-pakistanais dans la capitale pour obtenir l’implication du gouvernement congolais dans le processus de leur libération. Présentement, l’affaire Olivier Masonda est en train de raviver des tensions qui s’étaient apaisées à Kinshasa.
Kayiba Bukasa Christelle et Kabulu Glodi (Stg Unikin)
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