Des avocats et des jeunes de Mbuji-Mayi à l’école du contentieux électoral

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En séjour à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental,
le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi a animé le mardi 23 et le mercredi 24
octobre 2018, deux conférences-débat sur le contentieux électoral, en
faveur des avocats du Barreau de Mbuji-Mayi et de la  jeunesse
estudiantine de cette province. Objectif poursuivi : informer, mieux
former les toges noires et les étudiants de la capitale diamantifère
sur cette étape très importante du processus électoral. Thème retenu :
“Comment prévenir les conflits post-électoraux”.

La première journée, le mardi 23 octobre 2018, le bâtonnier
Jean-Joseph Mukendi, en étroite collaboration avec le Barreau de
Mbuji-Mayi, a entretenu ses jeunes confrères et consœurs, dans la
salle de fête de l’hôtel Ka-Be de luxe, sur le thème : “Comment
prévenir la violence   post-électorale”.
Dans son exposé, il s’est appesanti sur les différentes sortes de
contentieux, dont le contentieux de validation des candidatures ou des
listes des candidats et celui de la validité des résultats. A cet
effet, il a invité les cent trente toges noires présentes dans la
salle à toujours veiller sur ces quatre détails importants, à savoir :
le délai de recours, la qualité de la personne qui introduit le
recours, la qualité de l’avocat, ainsi que les preuves.
Faisant d’une pierre deux coups, le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi a
fait un bref commentaire sur la procédure à suivre devant le Tribunal
pour enfants. Il a rappelé, notamment, que devant cette juridiction
spéciale, les juges aussi bien que les avocats ne portent pas de
toges. Question de ne pas effrayer les enfants. Il a également rappelé
que cette juridiction compte en son sein deux chambres constituant le
1er et le second degré. D’où la nécessité d’implanter ce tribunal à
travers tout le territoire national, afin d’éviter que les Tribunaux
de paix puissent continuer à siéger en cette matière, en lieu et place
des Tribunaux pour enfants. L’orateur a, enfin, relevé la carence des
juges au Tribunal pour enfants de Mbuji-Mayi.
Le lendemain, le mercredi 24 octobre 2018, le bâtonnier Jean-Joseph
Mukendi s’est retrouvé dans l’Amphithéâtre Cheikh Anta Diop de
l’Université Officielle de Mbuji-Mayi, campus de Tshikama, avec les
étudiants de cette université publique, surtout ceux de la Faculté de
Droit. Tous tenaient à voir et entendre ce grand nom du Barreau
national dont la réputation a franchi les frontières nationales.
Sous la modération du professeur Jean-Claude Tshilumbayi, professeur
de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi et professeur à l’Université
de Kinshasa, le bâtonnier Mukendi a conscientisé la jeunesse
estudiantine sur la violence post-électorale. Thème développé :
“Comment prévenir les conflits post-électoraux”. Partant des élections
de 2006 et 2011, il a fait un constat selon lequel chaque fois après
les élections, il y a toujours des problèmes fondamentaux auxquels
notre pays se trouve confronté et qui pousse à la  réflexion. Etant
donné que la jeunesse de la province du Kasaï Oriental, en général et
celle de Mbuji-Mayi, en particulier, est souvent oubliée ou négligée,
il est temps qu’elle soit, cette fois-ci, sensibilisé. Et cette
conscience doit se manifester par la participation au rôle électoral.
A Mbuji-Mayi, a renchéri le bâtonnier, une grande partie de la
jeunesse n’est pas scolarisée, suite à la faiblesse de notre
démocratie. Et les jeunes qui ont la chance d’être scolarisés ne sont
pas actifs. Ce qui entraîne une criminalité juvénile. Pour prévenir
cette délinquance juvénile, il existe des Tribunaux pour enfants.
Curieusement, la province du Kasaï Oriental n’en a pas, par manque de
juges.
Il sied de retenir, enfin, qu’au cours de ces deux interventions
de conscientisation, le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi a remis aux
participants, avocats comme étudiants, deux manuels intéressants, à
savoir : “Le Guide pratique du contentieux électoral en RDC” et “Les
écueils de la procédure devant les tribunaux pour enfants”. Ces deux
manuels ont été élaborés  avec l’appui financier de l’OSISA (Open
Society Initiative for Southern Africa).

Michel  LUKA

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