Avis de la symocel : élections directes et indirectes 2018-2019 : plusieurs points à améliorer

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Au cours d’une cérémonie tenue à l’Hôtel Beatrice, dans la commune de la Gombe, la Mission d’Observation Electorale Symocel, représentée par son chef de mission, Bishop Abraham Djamba, a présenté son rapport d’observation des élections depuis les opérations d’identification et enrôlement des électeurs jusqu’à la proclamation et confirmation des résultats par les organes compétents de la République. Avec 19.927 observateurs de court terme accrédités dans les 26 provinces de la RDC, qui ont couvert 7.725 centres de vote, soit 35% des centres renseignés, la MOE Symocel a noté que le processus a comporté certains aspects positifs comme la mobilisation de l’électorat, la formation des formateurs de la Ceni.

Mais, il y a beaucoup d’aspects à améliorer et, la Moe Symocel a indiqué ne pas disposer d’éléments pour analyser avec objectivité les

résultats suite à l’absence de l’affichage par bureau de vote. En plus des éléments à améliorer, il y a eu un constat sur l’inadéquation entre les résultats de la présidentielle gagnée largement par l’opposition et les législatives nationale et provinciale en faveur de l’ancien régime.

Ce facteur a remis à jour le déséquilibre des forces entre les compétiteurs observés dans les réformes électorales et surtout la problématique des frais prohibitifs de dépôt des candidatures et du financement des activités des partis politiques, un mécanisme pouvant garantir aux compétiteurs l’égalité des chances. Les scrutins indirects aussi ont été entachés de graves irrégularités. L’ampleur des allégations de corruptions et la violation du secret des urnes ont vicié le vote de la plupart des grands électeurs. La MOE a convié toutes les parties prenantes à tirer des leçons de toutes ces irrégularités en vue de consolider les processus électoraux à venir et, par conséquent la démocratie en RDC.

            Pour ce faire, quelques recommandations ont été faites parmi lesquelles l’on a noté qu’en vue de contribuer aux processus électoral à venir et de donner un aperçu des domaines où l’assistance électorale serait nécessaire, la MOE a souhaité la clarification des dispositions de la loi électorale et de ses mesures d’application relatives au processus de gestion et traitement des résultats et l’application des mesures contraignantes pour leur publication. Elle a recommandé la publication des résultats provisoires bureau de vote par bureau de vote et la facilitation de la présence des témoins et observateurs aux centres locaux de compilation et même au niveau du centre national de traitement. Elle a planché aussi sur la communication aux parties prenantes des mesures et modalités de transmission des résultats aux centres locaux et au centre national de traitement de façon à garantir la transparence par la présence et suivi des témoins et observateurs.

            Il y a également la simplification de l’accès des candidats aux éléments de preuve lors des contentieux électoraux; le recensement général de la population et la réhabilitation de l’état civil pour le règlement de la question du fichier électoral; l’évaluation de la question électorale intervenue entre 2015 et 2017, notamment le seuil légal de représentativité et le taux de dépôt des candidatures de sorte à en tirer toutes les conclusions adéquates; la restructuration de Ceni en vu de l’amélioration de son organisation et fonctionnement, prenant en compte les évolutions et leçons tirées des processus électorales antérieurs.

            Enfin, la modification du mode d’élections des gouverneurs, vices gouverneurs et sénateurs en élargissant leur électorat à tous les élus de la province, à défaut de les transformer en élection directe est vivement souhaitée, de même que l’évaluation participative de l’utilisation de la machine à voter en vue de son éventuelle appropriation et de la sécurisation de ses données.           

Yves Kadima

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