Au-delà de l’affaire des dragues mystérieuses dans le polygone de la MIBA : le Congo en danger

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Si les syndicalistes de la Minière de Bakwanga n’avaient pas eu la présence d’esprit et le courage patriotique de dénoncer à la face du monde que des individus non identifiés avaient installé des dragues dans le périmètre du Polygone de la MIBA et se livraient à l’extraction  des minerais de diamant, l’opinion tant nationale qu’internationale n’aurait jamais su ce qui se passait là bas. Peut-on croire que les principaux services de  sécurité de l’Etat, à savoir l’Agence Nationale des Renseignements, la DEMIAP, la DGM, n’avaient rien vu ? Peut-on croire que le Parquet général près la Cour d’Appel de Mbuji Mayi ainsi que l’Auditorat de la garnison militaire de la province n’avaient aussi rien  vu passer ? Peut-on croire que même les services administratifs du gouvernorat et des autres ministères dont particulièrement ceux du ministère provincial des Mines n’ont aussi rien vu passer ? Et que dire des différentes confessions religieuses qui pullulent dans cette région ? Et les nombreuses Ong de défense des droits de l’homme? Est-ce que le comité de gestion de la MIBA avait alerté les autorités politiques du pays ? Ainsi donc, comme personne n’a rien vu, mesdames et messieurs, circulez, tout va bien. 

            Il est tout de même étonnant que lorsque les délégués du ministère central des Mines surgissent dans l’ancienne capitale mondiale du diamant, comme nous l’avions titré hier en manchettes, les fameuses dragues disparaissent dans la nature, sans que personne ne dise un mot. Qui a alors induit l’autorité gouvernementale centrale en erreur ? Qui a alors alerté les fraudeurs pour qu’ils aient le temps  de disparaître dans la nature avec tous leurs matériels de travail ?

            A ce stade des débats, des questions fusent de partout. Est-il possible que tous ces services n’aient rien vu passer ? Si tel est le cas, c’est que la nation congolaise est en danger, car si l’on ne peut pas dénoncer des individus en train d’extraire des minerais dans un périmètre qui d’ordinaire est toujours placé sous haute surveillance, les habitants de grandes villes comme Lubumbashi, Mbuji Mayi, Kisangani vont se réveiller un jour et se retrouver en face des bataillons entiers d’une armée étrangère en train d’effectuer des patrouilles de routine aux côtés des auto-blindées et chars de combat. On ne saura jamais comment et quand des ennemis se sont emparés des bases et camps militaires.

              Si par contre, les services de sécurité avaient correctement fait leur boulot, la question est de savoir à quel niveau de responsabilités ces informations ont été bloquées et à quelle fin. Un ancien haut cadre des services de sécurité de l’époque du MPR- parti Etat avait eu des mots justes pour fustiger le disfonctionnement des services de sécurité lors de la prise et de l’occupation de la ville de Mbandaka par des insurgés Enyele et cela, pendant toute une journée. Avant de disparaître dans la nature. C’est que les services de sécurité sont infiltrés et noyautés car d’une part, ils sont dotés des éléments qui n’ont pas reçu une formation adéquate et conséquente et d’autre part, ils ne sont pas suffisamment motivés. A qui la faute ? 

Vivement une réforme des services de sécurité

            Faudra-t-il subir un autre fiasco de ce genre pour se réveiller comme au lendemain de l’affaire des Enyele ? Que non ! Il vaut mieux prévenir les évènements que de les subir, car un adage populaire dit que qui veut la paix prépare la guerre. Une réforme des services de sécurité s’impose au cas où l’autorité administrative et politique se rend compte du disfonctionnement des services de sécurité. Cependant, dans l’hypothèse que certains cercles du pouvoir parallèle seraient derrière le pillage planifié e la MIBA, c’est que la République est en danger.                F.M.

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