Attaque de la résidence officielle du Chef de l’Etat : nécessité d’investigations sérieuses

0
59

L’attaque à l’arme automatique le dimanche dernier de la résidence officielle du chef de l’Etat par des hommes venus d’on sait où continue à susciter des commentaires en sens divers dans l’opinion nationale et internationale. Selon la version officielle livrée avant-hier par le ministre de la Communication et des Médias et Porte-parole du gouvernement, ces assaillants étaient lourdement armés. Le président de la République, qui se trouvait dans les environs, s’en est sorti indemne. Les éléments de la Garde Républicaine sont parvenus à les repousser avant de les mettre en déroute. Le bilan s’élève à plusieurs morts dans les rangs des assaillants dont certains ont été faits prisonniers, a signalé Lambert MENDE Omalanga.

 

 De prime abord, il s’avère que toute tentative d’attaque de la résidence officielle du chef de l’Etat doit être considérée comme un crime de lèse-majesté dans la mesure où il s’agit d’une atteinte contre l’une des quatre institutions de la République, tel que stipulé dans la Constitution du 16 mars. De ce fait et comme il y a eu mort d’hommes, l’opinion voudrait que des investigations soient poussées le plus loin possible. Car, Joseph KABILA était dans les environs, a précisé le ministre de la Communication et des Médias lors de son passage sur les antennes de la RTNC juste quelques heures après cette attaque armée.
 
Syndrome des coups montés et manqués
 
 Ces investigations doivent être menées avec tout le sérieux et selon les normes professionnelles.  L’opinion garde encore en mémoire les péripéties des coups montés et manqués pendant la deuxième République. Il y a eu celui dit des Mutins de la Voix du Zaïre qui a laissé un goût amer dans l’opinion dans la mesure où il était apparu que c’était un montage grossier. Dieu merci, il n’y a pas mort d’homme et le procès qui s’en suivit aggrava davantage la méfiance de par les dépositions des soit disant insurgés. En 2004, les Kinois étaient réveillés par l’affaire dite Major Eric LENGE, l’un des hauts responsables de la garde rapprochée du Chef de l’Etat. Jusqu’à ce jour, rien n’a filtré des enquêtes ouvertes à ce sujet, comme si le dossier avait été déclaré classé sans suite. Et par qui ? L’attaque des installations de l’aéroport international de la Luano à Lubumbashi, il y a à peine un mois, par des éléments venus d’on ne sait où n’a toujours pas livré ses secrets. Que s’est-il passé au juste ? Quel a été le sort de ces assaillants alors qu’il y a eu mort d’homme ? Où en est-on avec les enquêtes dans la mesure où un site aussi stratégique qu’un aéroport de la deuxième ville du pays a été attaqué par des hommes en armes ? Imaginez un seul instant que ces attaques se seraient passées juste au moment où l’on recevait une haute autorité du pays ou d’un Etat tiers et ami !
 La question qui devrait intéresser les autorités établies est celle de se demander comment des assaillants ont pu approcher des barrières érigées par les éléments de la garde Républicaine et tirer avec des armes automatiques sur la résidence officielle du chef de l’Etat située dans un périmètre censé le plus sécurisé de la République. Cependant, au regard de tous les éléments énoncés ci-haut, de mort d’hommes et surtout de la qualité et du rang de la personnalité visée, le pas est vite franchi pour parler d’une infiltration extérieure. La clarification de la situation s’impose pour garantir non seulement la sécurité des institutions de la République mais aussi celle des acteurs politiques, toutes tendances confondues, appelés à concourir pour consolider le processus électoral et démocratique.

F.M.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*