Atelier sur la lutte contre la corruption : la société civile interpellée

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Depuis le mardi 10 août au centre Béthanie, l’Observatoire de Lutte contre la Corruption en Afrique Centrale (OLCAC), section RDC, est en atelier avec les membres de la société civile congolaise. Au menu du programme, on fait état du renforcement des capacités pour la lutte contre la corruption en RD Congo.

En effet, cet atelier tombe à pic pour le président de l’OLCAC-RDC, Me Mulumba : « La société civile prend au mot le Gouvernement par son mot d’ordre de Tolérance zéro pour faire du Congo, une nation unie et prospère en dépit de toutes les vulgarités vécues des années passées. Cause pour laquelle il faut prôner la culture de l’excellence qui doit commencer par l’éducation au respect de la chose publique. Il faudra que le citoyen, quel que soit son rang social, fasse acte de foi en payant ses impôts… »

A travers cet atelier de deux jours, les participants sont appelés à élaborer une feuille de route qui devra servir de « Task Force de lutte contre la corruption ».

            Pour le Ministre de la justice, Luzolo, qui a lancé les travaux : « Cet atelier qui intervient au lendemain de la nomination de nouveaux magistrats est un signe fort. Il apparaît comme une sonnette d’alarme envers la société civile sur la gestion de son rôle dans la lutte contre la corruption. L’assainissement du pouvoir judiciaire est nécessaire pour la moralisation de la vie publique  et le renforcement de la justice tel que souhaité par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila. D’où l’espoir fondé du Chef de redresser les mœurs dans la gestion de la chose publique. Car, il n’est pas normal que sur un budget de 5 milliards, 15 soient signalés dans l’évasion fiscale ! » 

Cesser de chanter et passer à l’acte

            A cause du nombre d’ateliers de formation sans résultats escomptés organisé au cours de l’année, le Ministre de la justice taxe la société civile de complicité passive. « Pour le gouvernement, la société civile passe son temps à chanter plutôt que d’agir alors que la position du Chef de l’Etat est claire. Aucune place pour les malfaiteurs !  

            La balle est donc dans le camp de la société civile qui n’opère aucune action visible sur terrain pour dénoncer les détourneurs des fonds publics. »

            A ce propos, il a mis en exergue le travail impeccable de défense des droits de l’homme fourni par feu Chebeya. « Ce genre de travail devrait plutôt être relayer au niveau du respect des biens et services publics ! La société civile devrait dresser le monitoring des infractions commises de manière à mettre le gouvernement à l’épreuve. Identifier les actes et les dénoncer, c’est désormais une question de vie ou de mort pour la société civile qui doit débouter hors de l’état de nuire tous les détourneurs des fonds de l’Etat. Ces assises, conclut le Ministre Luzolo, doivent permettre de parler de la corruption autrement. 

Exposés significatifs  

            Premier à plancher sur « L’état de lieu et perspectives de la lutte contre la corruption en RDC », le Conseiller du Chef de l’Etat chargé de la gouvernance. D’ores et déjà, il a tenu à préciser que l’intitulé de son exposé relève de la matière devant être traitée par le Ministre de la justice. Il s’est contenté d’expliciter la vision du Président de la République sur la lutte contre la corruption. « Trois axes essentiels résument cette lutte, à savoir : la légitimité du cadre légal ; les instruments traditionnels de lutte et les axes prioritaires de lutte. »

            De la légitimité du cadre légal, il a souligné que le Chef de l’Etat s’est engagé à créer un climat favorable à la gestion de la chose publique en luttant contre la criminalité institutionnalisée. D’où le choix porté sur la justice comme instrument principal de lutte contre la corruption. Les cours et tribunaux doivent servir d’instruments de répression selon la loi. Et, pour faire mieux, la justice doit faire le ménage dans son propre camp. Un assainissement qui devrait la rendre crédible auprès de l’opinion publique. « Il faudrait faire sauter tous les verrous, même en passant par l’Assemblée nationale, pour arrêter les « kuluna » en cravate ! D’autres instruments de lutte sont la police et l’armée pour lesquels le gouvernement s’est investi pour réformer le secteur de la sécurité…

            S’agissant des perspectives, le Conseiller du Chef de l’Etat chargé de la gouvernance a souligné un point important, à savoir, il faut démanteler tous les réseaux des mafieux. D’où le sens profond de toutes les mesures prônées par le Chef de l’Etat…

            A son tour, Alexis Tambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères, a planché sur « La lutte contre la corruption sur l’agenda international ». Pour ce faire, il a circoncit le contour de la corruption légale. « C’est une corruption transnationale institutionnalisée. Il y a plus d’une dizaine d’années que certaines entreprises obtiennent des bénéfices dans leurs conciliabules avec les institutions étatiques. »

            Quelques faits marquants ont été cités tels l’affaire des frégates taïwanaises en 1991 ou l’affaire des Etats-Unis contre le reste du monde… Pour lutter contre ces abus, le monde a pensé à l’avènement de l’agence Transparency International, à la publication de l’Indice de perception de la corruption (IPC) ou encore à la Convention anticorruption de l’OCDE.

            Tandis que le quatrième intervenant, Me Nzita a exposé sur « L’impact de la corruption sur les ordres professionnels ». Parmi ces innombrables définitions sur la corruption, l’on a retenu celle égale à plus de pouvoirs pour moins de transparence. D’où l’abus des biens publics pour un enrichissement personnels. Il a, par la suite, classifié la corruption en terme actif ou passif avant de souligner le caractère immoral, illégitime ou personnel de la corruption. Quant aux ordres professionnels qui sont des corporatives chargées de représenter les intérêts de leurs membres, ils doivent être aussi au dessus de tout soupçon. Car, la corruption a un impact néfaste dans la destruction des ordres professionnels. C’est une gangrène qu’il faut arrêter sur tous les plans.

            Considérant l’adage selon lequel les loups ne se mangent pas entre eux, les participants ont insisté de manière à voir les ordres nationaux mettre de l’ordre dans leur maison en luttant contre la corruption sous toutes ses formes. Pour certains, vu que ce sont les pays dits industrialisés qui déversent le mal sur les pays moins nantis, il faut rejeter toutes leurs institutions servant de lutte contre la corruption. Pour ce, il faudrait penser aux stratégies visant à implanter des structures plus crédibles pouvant empêcher, par exemple, le trafic des armes de guerre très florissant en Afrique. C’est un secteur qui a institué la corruption à grande échelle au 20ème siècle, précise Alexis Tambwe.

EDDY KABEYA

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