Assemblée nationale :reddition des comptes 2018, comme une lettre à la poste

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Les débats au niveau de l’Assemblée nationale sur certaines questions délicates se déroulent souvent dans une opacité criante, qui laisse l’opinion perplexe et dubitative. Il en a toujours été ainsi lors de l’examen des budgets de presque chaque année depuis bientôt 18 ans.

            Le samedi dernier, les députés nationaux ont été amenés à déclarer recevable le projet de reddition des comptes pour l’exercice 2018. Tout semblait baigner dans l’huile, jusqu’à l’intervention du député Christian Mwando Nsimba, qui a découvert des détournements colossaux de l’ordre d’un milliard des FC.

            Les réponses aux questions posées le samedi dernier par les membres de l’Assemblée nationale à l’actuel ministre des Finances, Sele Yalaghuli, n’ont pas pu convaincre l’assistance. Des voix ont fait état des exécutions d’un % sur les 1406 projets pourtant votés par la chambre basse. 44 projets ont été exécutés sans crédits budgétaires. Ce qui constitue un détournement des crédits. 75 projets ont été budgétisés et payés 4 fois le prix. Il y a aussi 500.000.000 dollars Us que l’on n’a pas encore justifiés, dont 89.000.000 dollars Us pour les fournitures des bureaux.

            En  clair, un budget caractérisé par des détournements colossaux. Ce projet de reddition des comptes de l’année dernière est à mettre sur le compte du gouvernement de l’ancien Premier ministre Bruno Tshibala Nzhenze.

Règne du correctif

budgétaire

On rappelle que durant 18 ans, les différents gouvernements se contentaient de présenter des correctifs budgétaires pour ensuite se livrer à des emprunts dont on n’a jamais connu le mode et les opérations de remboursement.

            Le pays a vécu ainsi sans travaux publics de grande envergure alors que des fonds immenses étaient stockés au niveau du « Foner » ou Fonds National d’entretien routier, D’autres recettes étaient générées par les différentes régies financières, à savoir la Direction Générale des recettes administratives et domaniales ou DGRAD, la Direction Générale des Impôts ou DGI, l’Office des Douanes et Accises. Il y a aussi des recettes générées par les sociétés de téléphonie cellulaire et qui dépendaient directement de la Présidence de la République.

            Toutes ces recettes étaient versées dans le compte général  du Trésor public logé à la Banque Centrale, sous l’autorité du ministre des Finances, entendez le gouvernement de la République.

            Selon de sources proches du ministère des Finances, le vrai travail de reddition des comptes n’aura d’effet que devant la Cour des Comptes qui dépend directement de l’Assemblée nationale. Voilà pourquoi à l’issue des débats à ce niveau, le projet du budget 2020 a été renvoyé à la commission économico-financière. Des étincelles en l’air…F.M.

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