Assemblée nationale : motions contre Shadari et Thambwe Mwamba

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Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le bureau de l’Assemblée Nationale a enregistré, hier mardi 13 juin 2017, deux motions de défiance déposées par de deux députés de l’opposition, la première contre le vice – premier ministre et ministre de I’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, et la seconde contre son collègue de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.

Concernant la première motion de défiance contre le patron de l’Intérieur, son initiateur, le député national Fabien Mutomb du groupe parlementaire « UDPS et Alliés » a retenu cinq griefs contre lui, notamment : « usage disproportionné de la force et violations massives des droits de l’homme dans le Kasaï avec l’affaire Kamwina Nsapu » ;  « la mise en danger des habitants de Ngaliema et de Ngiri-Ngiri ainsi que de passibles citoyens lors de la répression contre les adeptes de Bundu Dia Mayala et de la séquestration de Ne Muanda Nsemi dans ses deux résidences » ; « de l’interdiction des manifestations publiques sur l’ensemble du territoire national mais qui ne frappe que les opposants ».
Fabien Mutomb a appelé les députés à voter pour la déchéance du
vice-premier ministre et ministre de l’intérieur, qu’il accuse d’être
un fossoyeur des libertés publiques.
Dans  la deuxième motion de défiance initiée par le député Paul
Mohindo Nzangi du groupe parlementaire « MSR et Alliés » et dirigée
contre le ministre d’Etat en charge de la Justice, son auteur reproche
à Thambwe Mwamba de n’avoir pas mis en application les recommandations
formulées à son intention par la chambre basse du Parlement lors de la
plénière consécutive à l’attaque armée de la Prison Centrale de Makala
et à l’évasion de plus 4.000 détenus.
Selon Paul Mohindo, la négligence coupable du titulaire du
portefeuille de la Justice a eu pour conséquence fâcheuse la
répétition du même scénario à la prison de Beni, au Commissariat de la
police du District du Mont Amba et au parquet de Matete.
Ce député national estime que le ministre d’Etat en charge de la
Justice devait en principe démissionner avant le dépôt de la motion de
défiance contre lui, s’il avait encore le sens de l’honneur. Avec les
évasions intempestives des pensionnaires de plusieurs prisons et
amigos à Kinshasa et en provinces, soutient-il, Alexis Thambwe Mwamba
ne devait plus se trouver au gouvernement.
Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, ces
deux motions devraient être soumises à la plénière dans les 48 heures
suivant leur dépôt. Mais avec la clôture de la session ordinaire ce
jeudi 15 juin 2017, il y a gros à parier que les deux motions risquent
d’être renvoyées à la session de septembre.

ERIC WEMBA

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