Assemblée Nationale : Mabunda exhume le dossier Malonda

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Alors que les deux chambres du Parlement se trouvent en vacances depuis le 22 juillet 2020, après la proclamation, la veille, de la fin de l’état d’urgence sanitaire par le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, l’on apprend que Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée Nationale, a écrit aux présidents des groupes parlementaires, leur demandant de réfléchir, pendant cette trêve, à la désignation de leurs délégués au sein des organes de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Selon les députés nationaux membres de l’Opposition Parlementaire, regroupés au sein de AMK et Alliés, MLC-ADN et MS-G7, l’expéditrice a ignoré superbement de faire allusion au rejet par le Chef de l’Etat, du dossier de Ronsard Malonda, candidat désigné illégalement par certaines confessions religieuses et entériné en catimini par des députés du FCC (Front Commun pour le Congo) pour la présidence de la centrale électorale. C’est également silence radio au sujet des réformes préalables exigées par la majorité des forces politiques et sociales du pays, telles que la restructuration de la Ceni et du mode de désignation des membres de son bureau comme de son assemblée plénière, et des textes relatifs au système électoral. Il y a aussi l’examen préalable du rapport de gestion déposé à l’Assemblée générale par son équipe dirigeante sortante et l’audit des comptes.

            Compte tenu de la volonté de la présidente de l’Assemblée Nationale de tenter un nouveau passage en force pour imposer Ronsard Malonda à la présidence de la Ceni, après avoir échoué lamentablement au mois de juillet, suite aux actions de rue enclenchées par des organisations politiques et sociales à travers le pays, les parlementaires de l’Opposition lui ont faire savoir leur refus catégorique de cautionner l’illégalité.

            Ils font savoir à Jeanine Mabunda que la candidature de Malonda à la tête de la Ceni ainsi que les propositions des lois de Minaku et Sakata pour la réforme de la justice constituent « une insulte à la nation et une déclaration de guerre contre la population ».

            D’où, pour ne pas replonger le pays dans un nouveau cycle de manifestations populaires et de violences, l’opposition parlementaire invite la présidente de l’Assemblée Nationale à suivre la voix de la sagesse du Président de la République, à savoir le renvoi aux confessions religieuses des procès-verbaux controversés relatifs à la désignation cavalière de Ronsard Malonda comme successeur de Corneille Nangaa à la tête de la Commission Electorale Nationale Indépendante. A leur avis, la procédure de désignation du futur président de la Ceni devrait non seulement reprendre à zéro au niveau de la société civile, dont les confessions religieuses ne sont qu’une « sous-composante » mais surtout intervenir après que la formalisation de toutes les réformes nécessaires à son indépendance et à la transparence du futur processus électoral.

            Enfin, « l’Opposition parlementaire demande particulièrement à l’honorable présidente de l’Assemblée Nationale de privilégier les intérêts de la Nation en lieu et place du passage en force en faveur des intérêts de sa famille politique…Elle demande à la population congolaise de rester en alerte et prête à se prendre en charge pour la défense de ses intérêts qui sont menacés ».

Kimp

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