Assemblée Nationale : coup fourré contre Félix Tshisekedi !

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Les freins ont lâché lors de la plénière du vendredi 7 juin 2019 à l’Assemblée nationale. Alors que le processus de mise en place des commissions permanentes était l’unique point inscrit à l’ordre du jour, une fausse motion incidentielle sur les ordonnances présidentielles portant nomination des mandataires publics à la SNCC (Société Nationale des Chemins de fer du Congo) et à la Gécamines (Générale des Carrières et des Mines), manifestement ficelée dans les officines du FCC (Front Commun pour le Congo), a semé un grand trouble dans les esprits.

Prenant la parole à cette occasion, l’auteur de la fameuse motion alimentaire, le député du MLC Léon Mondole, de mèche avec les caciques du FCC, a recommandé à l’Assemblée nationale de demander au Président de la République de rapporter lesdites ordonnances, au motif que, selon lui, elles violeraient la Constitution.
Dans son réquisitoire, ce député du MLC a par ailleurs accusé la coalition FCC-CACH de bloquer le pays, en engageant d’interminables négociations autour de la formation du futur gouvernement.
En dépit de l’intervention de Christophe Lutundula, qui a fait remarquer, sur base de son expérience en tant qu’un des rédacteurs de l’actuelle Constitution, que l’Assemblée nationale n’avait aucun pouvoir pour débattre des actes administratifs du Chef de l’Etat, la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, a laissé les députés de sa famille politique poursuivre, jusqu’à son terme, leur campagne de dénigrement contre le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.  
« Il est honteux, inconstitutionnel, juridiquement indigeste et irrespectueux pour l’Assemblée nationale de débattre des actes administratifs ou des ordonnances du Président de la République, dont la signature est sacrée et n’a aucun rapport avec notre chambre », a lâché l’élu de Katakokombe du haut de tribune de l’hémicycle.

Lokondo verse dans
l’amalgame

Dans son intervention, Henri Thomas Lokondo a versé dans l’amalgame. L’élu de Mbandaka ne s’est pas limité à fustiger les ordonnances du Chef de l’Etat. Il a fait l’apologie de son ancien mentor, Mobutu, soutenant qu’il était capable de se raviser s’il constatait que ses collaborateurs l’avaient induit en erreur.
Changeant de registre, Lokondo a accusé Félix Tshisekedi d’avoir fait la part belle aux Katangais dans les nominations des mandataires à la Gécamines et à la SNCC.
« Nous ne sommes pas là pour accompagner le grand Katanga », a-t-il clamé. Selon lui, il n’y avait pas péril en la demeure pour que le Chef de l’Etat puisse procéder urgemment au changement de mandataires dans les deux entreprises sus évoquées.

Outrage au Chef de l’Etat

Pour sa part, le député Nawej du FCC a poussé loin le bouchon en accusant le chef de l’Etat de signer des ordonnances en état d’inconscience.  
D’après lui, les négociations pour la répartition des ministères dans le gouvernement Ilunga sont bloquées à cause de la famille politique de l’actuel Chef de l’Etat, devenue trop gourmande. 
A l’en croire, Cach (Cap pour le Changement) a revu ses prétentions à la hausse au sujet du partage des ministères.
A bien suivre le débat sur les ordonnances du Chef de l’Etat, lesquelles ont fait couler beaucoup d’encre et de salive au Palais du Peuple, on a la nette impression que les sautes d’humeur des députés du FCC (Front Commun pour le Congo) sont dictées par un agenda caché.

Eric Wemba

DECLARATION POLITIQUE DU CACH
Nous, députés du Groupe parlementaire Cap pour le Changement (CACH), sommes désagréablement surpris et étonnés du comportement observé dans le chef des collègues de Front Commun pour le Congo lors de la séance plénière du vendredi 7 juin 2019 à travers une motion inopportune et provocatrice concoctée 24 heures avant.
Déplorons cette démarche qui frise un manque de sincérité criant au sein de notre coalition.
En effet, il est de notoriété parlementaire que l’hémicycle n’est pas le lieu indiqué pour débattre des actes administratifs posés par le Président de la République, Chef de l’Etat, première institution du pays, qui conformément à la Constitution, n’appellent à aucun débat.
Soulignons que cette initiative affichée par nos collègues du FCC consistant à débattre des ordonnances signées par le Président de la République, Chef de l’Etat, est inacceptable et inconstitutionnelle.
C’est ainsi que nous rappelons que le Chef de l’Etat est politiquement responsable devant l’Assemblée Nationale.
Exigeons de la part de nos collègues du FCC d’observer de la retenue et de privilégier l’intérêt du « peuple d’abord ».
Dénonçons l’indifférence coupable du Bureau de l’Assemblée Nationale face à cette aberration.
Condamnons avec la toute dernière énergie les propos injurieux tenus par les collègues de FCC contre Son Excellence Monsieur le Président de la République.
Aux termes de l’article 69 de la Constitution, le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et il est le symbole de la Souveraineté Nationale. Il assure la continuité de l’Etat.
Les propos tenus par le FCC constituent ainsi un outrage non seulement envers Son Excellence Monsieur le Président de la République, mais aussi envers la nation tout entière et l’ensemble du peuple congolais, qui l’a massivement élu.
Fait à Kinshasa, le 08 juin 2019
Les Députés Nationaux du CACH
(Signatures en annexe)

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