Arrangement particulier : l’ONU, l’UE, l’OIF et l’UA à bout de patience !

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Des évêques membres de la CENCO lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des évêques membres de la CENCO lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des évêques membres de la CENCO lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Dans une déclaration commune rendue publique hier jeudi 16 février 2017, l’ONU (Organisation des Nations Unies), l’UE (Union Européenne), l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et l’UA (Union Africaine) chiffrent à six semaines le temps perdu par les parties prenantes à l’Accord du 31 décembre 2016 à l’étape de la finalisation de l’Arrangement Particulier devant servir à sa mise en œuvre. Sans le dire tout haut, elles voudraient faire comprendre à la Majorité Présidentielle et au Rassemblement – les deux principales forces politiques qui se disputent le « pouvoir » en cette période de transition vers les élections – qu’elles sont à bout de patience.

L’autre non-dit du message de ces quatre organisations planétaires est que l’impasse politique actuelle est très dangereuse, car de nature à recréer le climat de haute tension qui avait prévalu en République Démocratique du Congo entre le 19 septembre 2016, date de la non convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle et de la répression violente des manifestations hostiles aux hommes au pouvoir à Kinshasa, et le 31 décembre 2016, date de la signature de l’Accord politique du Centre Interdiocésain.
            L’interpellation conjointe de l’ONU, de l’UE, de l’OIF et de l’UA en direction de la classe politique congolaise s’apparente à une « ingérence » voilée dans les affaires intérieures congolaises, dans le but d’accélérer la mise en œuvre d’un deal politique qui passe désormais pour le « testament politique » qu’a légué aux Congolaises et Congolais Etienne Tshisekedi, l’opposant historique dont la lutte politique était essentiellement fondée sur l’émergence de la démocratie et de l’Etat de droit au pays de ses ancêtres.
            Bien que ne comportant aucune menace visible, la sortie de l’ONU, de l’UE, de l’OIF et de l’UA n’en constitue pas moins un signal de l’impatience de la communauté internationale, soucieuse de voir le peuple congolais participer, avant la fin de cette année, à l’élection d’un nouveau Président de la République ainsi qu’à celles de nouveaux députés nationaux et provinciaux. C’est aussi là une manière de rappeler son opposition à un nouveau « glissement »  de calendrier électoral, comme c’était le cas en 2016.
            Il n’est pas exclu que dans l’hypothèse d’un blocage continu de l’Arrangement particulier, les Nations Unies et l’Union Européenne ne reviennent à la charge avec de nouvelles sanctions ciblées contre les personnalités politiques congolaises qu’elles jugeraient coupables de l’impasse actuelle au Centre Interdiocésain. Point n’est besoin de rappeler qu’à ce stade, plusieurs « dignitaires » civils, militaires et autres se trouvent interdits de séjour en Europe et aux USA et leurs comptes bancaires bloqués. Au moment où Kinshasa mène un lobbying auprès de l’UE pour obtenir la levée de ces sanctions, chacun peut imaginer les conséquences d’un blocage ou du rejet de l’Accord du 31 décembre 2016.
                                                Kimp
Déclaration conjointe sur la RD Congo
            L’Union africaine (UA), les Nations unies, l’Union européenne (UE) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sont de plus en plus préoccupées par l’impasse persistante dans le dialogue entre les parties prenantes politiques en République démocratique du Congo (RDC) sur les modalités de mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre.
            Les quatre organisations partenaires notent que six semaines après avoir convenu des modalités de gestion de la période de transition devant conduire à la tenue d’élections paisibles et crédibles en décembre 2017, les parties n’ont toujours pas conclu les discussions sur la mise en œuvre effective de cet Accord. Cette situation porte en elle le risque de saper la volonté politique qui a permis la signature de l’Accord du 31 décembre.
            Dans ce contexte, les quatre organisations partenaires appellent toutes les parties prenantes, y compris la Majorité présidentielle et l’Opposition, à redoubler, de bonne foi, les efforts qui sont les leurs aux fins de parachever promptement les pourparlers en cours.
            Les quatre organisations partenaires soulignent la nécessité pour toutes les parties de se mobiliser en appui aux efforts de médiation menés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), et rappellent que la mise en œuvre intégrale et rapide de l’Accord est essentielle à la préservation de la légitimité des institutions de transition jusqu’à la tenue des élections.
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