Arrangement Particulier : le désaccord est total !

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La Majorité Présidentielle et le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, les deux principales parties prenantes aux travaux de toilettage de l’Arrangement particulier, brillent par un désaccord total, depuis plus d’une semaine, autour de la désignation du futur Premier ministre, du successeur de feu Etienne Tshisekedi à la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 et du partage des postes ministériels. Du jeudi 16 mars 2017, date de la reprise de leurs négociations directes au Centre Interdiocésain, après leur suspension le 29 janvier, au dimanche 26 mars, jour de la plénière de la dernière chance, leurs divergences sont restées en l’état.

Le staff de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) ayant
maintenu le délai-butoir du 27 mars 2017 pour la signature d’un
Arrangement particulier, les observateurs se demandent quelle valeur
aura un document qui entretient le flou intégral au sujet du nouveau
locataire de la Primature, de la direction du CNSA, de la répartition
des ministères entre parties signataires, de la recomposition de la
CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et du CSAC
(Conseil National de l’Audiovisuel et de la Communication), du
chronogramme de mise en œuvre de la période de transition, du rôle de
la Cenco pendant la transition, etc.

Primature : dossier à discuter entre le Chef de l’Etat et un président
du CNSA fantôme

A défaut de s’accorder sur la désignation du futur Premier ministre,
la Majorité présidentielle exigeant une liste de trois candidats et le
Rassemblement s’accrochant au principe d’un seul candidat, il a
finalement été décidé que le dossier soit débattu entre le Président
de la République, actuellement en fonctions, et le président du
Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016, dont la
désignation reste plus que jamais hypothétique. Le constat à faire est
à ce stade est que la RDC n’aura pas de nouveau chef de gouvernement
tant que ne sera pas résolue l’équation de la succession
d’EtienneTshisekedi au poste.

Ministères de souveraineté : le Président de la République sans interlocuteur

C’est la même situation pour les ministères de souveraineté, à savoir
« Intérieur », « Affaires Etrangères », « Défense » et « Justice ».
Ces portefeuilles sont laissés à la discrétion du Chef de l’Etat et du
futur locataire de la Primature, qui reste encore du domaine des
rêves. Le Président de la République est tout tranquille car se
trouvant, pour l’heure, sans interlocuteur pour débattre de ces «
domaines de collaboration » à intégrer dans un gouvernement
inexistant.

CNSA : Kamerhe et Bazaiba en embuscade

Le poste de Président du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31
décembre reste encore vacant, près de deux mois après le décès de son
titulaire, Etienne Tshisekedi. Selon l’esprit de ce deal politique, la
vacance devait être comblée, de manière quasi automatique, par le
Rassemblement. Il s’est fait qu’au niveau de cette méga plate-forme
politique, les avantages liés au poste ont provoqué un foisonnement
d’ambitions telles qu’une fronde conduite par Joseph Olenghankoy a
sérieusement plombé la machine de la restructuration.
Il n’en fallait pas plus pour voir la Majorité présidentielle sauter
sur cette crise montée de toutes pièces et estimer qu’en raison des
dissensions internes au sein du Rassemblement, il faille désigner le
successeur d’Etienne Tshisekedi par consensus. Le défunt, soutient-on,
était désigné au poste à titre individuel, et non pas en sa qualité de
président du Conseil des Sages du Rassemblement.
A la suite de cette nouvelle exigence, deux larrons se sont déjà
signalés pour la succession : Vital Kamerhe de l’Opposition signataire
de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine et Eve Bazaiba du Front
pour le Respect de la Constitution. Cela fait, avec Pierre Lumbi,
nouveau président du Conseil des Sages du Rassemblement, trois
prétendants à la présidence du CNSA, poste que continue de réclamer
aussi Olenghankoy, qui a officiellement écrit au bureau de la Cenco à
ce sujet.
Cela dit, plusieurs étapes sont à franchir avant d’en arriver à une
concertation entre Joseph Kabila pour la désignation du futur numéro
un du gouvernement de Transition et le partage des ministères de
souveraineté. L’Arrangement particulier parait d’autant voué à l’échec
que deux sources de légitimité s’affrontent, la Constitution pour la
Majorité Présidentielle et l’Accord du 31 décembre 2016 pour le
Rassemblement. Alors que la crise institutionnelle semblait en voie
d’être résolue à la Saint Sylvestre, le décor du moment laisse plutôt
penser au retour à la psychose du 19 décembre 2016, avec le dernier «
carton jaune » d’Etienne Tshisekedi aux institutions en place et à
leurs animateurs.
Kimp

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