Après treize mois de planque : le prof Thierry Nlandu sort de sa clandestinité

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On n’espérait plus le revoir en vie car ceux qui ont connu le même sort avaient été retrouvés sans vie ou jetés on ne sait où. Le professeur Thierry Nlandu a retrouvé les siens depuis hier. Recherché comme un vulgaire bandit de grand chemin par des éléments des services de sécurité tant civil que militaire, cet homme qui a toujours combattu dans les rangs de la société civile l’a échappé belle. Dans les rues de la commune de Lemba où il vit avec son épouse et ses enfants, c’était l’allégresse et la joie sur tous les visages de ceux qui l’ont toujours continué à le voir sur tous les fronts des marches pacifiques en faveur de la défense des droits de l’homme, de la démocratie, de la cohabitation pacifique et de la bonne gouvernance.

 

            Son malheur a commencé au mois de décembre 2017 juste au lendemain des premières marches organisées à travers la ville par le Comité Laïc de Coordination ou CLC dont il faisait partie aux côtés d’autres activistes comme Isidore Ndaywel, Justin Okana, Jonas Tshiombela et Léonie Kandolo. Dans le seul but de réclamer pacifiquement le respect de la constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre conclu le 31 décembre 2016 au Centre Interdiocésain à Gombe.

            L’histoire de ce beau et riche pays gardera ad vitam aeternam que le bilan de ces marches glorieuses des chrétiens s’était soldé par des dizaines des morts et blessés graves. Les plus cités sont la jeune aspirante au couvent Déchade Kapangala, fille d’un officier supérieur de la Police Nationale abattue à bout portant par des tirs des agents en tenue civile mais probablement agissant sous couvert des forces de sécurité devant le portail central de l’Eglise Saint François-Xavier de Kintambo après la messe organisée à cet effet. La deuxième victime était un jeune assistant de l’UPN dénommé Rossy Tshimanga Mukendi, un activiste très connu dans les milieux de la société civile. Les services de la sécurité civile, militaire et policière s’étaient livré, à ciel ouvert, à des arrestations et interpellations, mises à sacs des églises et lieux de culte dont particulièrement la paroisse Saint Dominique de Limete, Saint Christophe de Lemba, Saint Alphonse de Matete et Saint François-Xavier de Kintambo. La ville avait été paralysée presqu’entièrement par ces échauffourées entre les manifestants et les agents de la Police et des FARDC.

 

Victoire de la raison

et du bon sens

            Fallait-il compter des morts, des blessés graves et des mises à sac des lieux de culte pour qu’enfin l’autorité politico-administrative revienne à la raison ? Rien n’était moins sûr mais le Chef de l’Etat d’alors avait fini par désigner son dauphin, Emmanuel Ramazani Shadary, et surtout prendre l’engagement de respecter scrupuleusement la Constitution, renonçant de ce fait au troisième mandat. Par ailleurs et c’est là un autre succès de ces manifestations des chrétiens, la date de la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales était fixée au 30 décembre 2018.

 

Un activiste des droits de l’homme

 

            Professeur à la faculté des Lettres de l’Unikin, Thierry Nlandu preste aussi comme un spécialiste en développement et management, qui effectue régulièrement des missions dans le Congo profond, particulièrement pour étudier la vie et la civilisation des populations autochtones.

            Le professeur Thierry Nlandu avait fait partie d’un cercle de réflexion qui fut à l’origine de la marche des chrétiens organisée le 16 février 1992 pour exiger la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine, aux côtés du Dr Elias Numbi, de l’Abbé José Mpundu, feu François Kandolo, de Pierre Lumbi.

           

F.M.  

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