Après le virus Ebola, Boende toujours fragile

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La situation des populations  de la province de l’Equateur, dans le territoire de Boende, demeure extrêmement précaire.  Les germes d’un nouvel épisode du virus Ebola sont toujours présents. La grande pauvreté continue de sévir dans le contexte d’une économie axée sur les écosystèmes, notamment la forêt et la consommation de ses produits, tels que la viande de brousse qui est un vecteur de la maladie.

Ce constat a été fait au cours de la réunion de validation des résultats de l’étude sur l’impact socio-économique  du virus Ebola, organisée hier lundi 4 mai 2015, à Gombe, par le ministère de la Santé publique, en partenariat avec le Pnud.

Evaluer les impacts socio-économiques de l’épidémie de la maladie à virus Ebola à Boende et proposer des axes d’actions pour le relèvement communautés affectées : tels sont les deux objectifs de cette étude.

D’entrée de jeu, la directrice pays du Pnud, Priya Gajraj, a fait savoir que pour investir dans le relèvement socio-économique durable du territoire de Boende, il faut veiller à ce que la reprise des efforts porte sur les ressources de la fragilité qui a produit la crise, y compris par le soutien à des systèmes résilients et des services améliorés et en donnant la priorité au développement humain.  Il faut également mener des actions concrètes telles que la redynamisation du secteur de la santé, avec la surveillance des maladies et de la nutrition à base communautaire, ainsi que le renforcement de l’accès aux soins de santé et des infrastructures sanitaires ; la redynamisation du secteur agricole par le développement d’un pôle de commercialisation des produits autour de Lokolya ; le développement d’un centre de reproduction des semences améliorées à Djera, et la relance de l’élevage ; la prise en charge psycho-économique avec la scolarisation des jeunes et l’alphabétisation des adultes ; la mise en place de formations citoyennes ainsi que l’appui à l’appropriation des projets communautaires.

Selon elle, le Pnud continuera de soutenir la RDC dans le renforcement de la résilience communautaire, pour mieux résister à des chocs tels que le virus Ebola à l’avenir et transformer les conditions de vie des communautés. Elle a rappelé que la RDC a été confrontée à 7 épidémies. Le dernier épisode qui s’est manifesté dans le territoire de Boende a porté sur 66 cas dont 49 décès.  La maladie d’Ebola a touché des personnes mais également entraîné une déstabilisation  des ménages ainsi que des communautés entières, avec des conséquences économiques et sociales.

L’impact économique commence par la perturbation de la production agricole. Durant l’épidémie, 24,3 % des ménages n’ont rien produit contre 13 % avant la crise. Cette baisse du volume de la production agricole a eu un impact direct sur le marché, entraînant une hausse des prix des denrées alimentaires  allant de 12,5 % pour les arachides à 233,33 % pour la viande de porc.

« Investir dans le relèvement communautaire, c’est investir dans l’avenir. Si nous travaillons maintenant à construire une économie plus robuste et un système de santé plus performant, nous allons minimiser le risque de voir une autre crise de l’Ebola », a conclu la directrice pays du Pnud.

   Murka

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