Après la grève à la SCPT, chasse aux syndicalistes

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Alors que le calme était revenu à la SCPT (Société Congolaise des Postes et Télécommunications), après la signature, le mercredi 6 février, du protocole d’accord entre le banc syndical et l’employeur pour mettre fin à la grève, et que les salaires du mois de novembre 2018 commençaient à être payés depuis lundi 11 février, la tension est de nouveau montée d’un cran. En effet, des mandats de comparution sont tombés dans le cercle des syndicalistes, appelés à être entendus à la Police Judiciaire, à Gombe, au sujet du terrain de cette société situé en face de l’Ifasic (Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication), sur l’avenue Colonel Ebeya, dans la commune de la Gombe.

A en croire les cadres et agents de l’ex-OCPT, ce terrain appartenant à leur office depuis l’époque coloniale est empiété par une construction anarchique. Son propriétaire, indique-t-on, serait couvert par l’autorisation d’une haute personnalité du gouvernement.

Pour avoir protesté contre cette spoliation et demandé des explications à qui de droit, certains syndicalistes sont convoqués à la Police Judiciaire. Les agents et cadres de la Société Congolaise des Postes et Télécommunications pense que ces interpellations seraient destinées à les intimider. D’où, ils en appellent à leur tour à l’arbitrage du cabinet du Chef de l’Etat, pour se saisir du dossier et empêcher le pillage du patrimoine de l’ex-OCPT, dont plusieurs concessions, à Kinshasa comme en provinces, sont spoliées impunément, sous le regard complaisant des autorités compétentes en charge des affaires foncières, de l’urbanisme et de l’habitat.

Or, pour soutenir la concurrence, qui bat son plein dans le secteur de la poste et des télécommunications, la SCPT a besoin de son patrimoine foncier pour la mise en œuvre de la politique de modernisation de ses infrastructures.

Ce qu’il faut craindre, avec la traque des syndicalistes par la justice, dont l’unique tort est défendre le patrimoine de l’entreprise, est que le personnel, qui a mis de l’eau dans son vin en attendant que l’employeur liquide ses arrières de salaires, ne relance la grève, avec le risque de paralysie du secteur des télécommunications, synonyme de coupure du pays du monde extérieur. Ceux qui cherchent à rendre la vie impossible aux syndicalistes devraient mesurer, à leur juste valeur, les effets néfastes d’une nouvelle grève des « postiers » sur la vie nationale. Une politisation du dossier du terrain de la SCTP, sur l’avenue Colonel, peut être lourde de conséquences pour ceux qui cherchent à couvrir les anarchistes fonciers.

                                       Kimp

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