Après Beni et  Butembo, Shadary « zappe » aussi Tshikapa

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Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Une femme tuée et deux blessés graves ! La femme qui est décédée était une vendeuse d’arachides non loin de l’aérodrome de Tshikapa.  Tandis que les deux blessés graves provenaient des rangs des jeunes manifestants contre l’arrivée du candidat du Front Commun pour le Congo à Tshikapa. Tel est le bilan provisoire des affrontements
survenus hier dans la ville de Tshikapa lors de la tentative
d’atterrissage de l’avion transportant le candidat du Front Commun
pour le Congo, Emmanuel Ramazani Shadary, ainsi que sa délégation.
Selon un membre du FCC à Tshikapa, l’arrivée du candidat a été annulée
alors que son avion était en train d’amorcer son atterrissage sur
l’aérodrome de cette ville devenue le chef-lieu de la nouvelle
province du Kasaï depuis le découpage territorial du pays en vingt-six
provinces. Outre ces actes de violence, la ville a connu d’autres
destructions dont les incendies du siège du PPRD et de la terrasse
appartenant à Ruth Bakaji située juste à côté du siège du parti
présidentiel.

Ces actes de vandalisme se sont produits lors des manifestations
spontanées  des jeunes contre les éléments des FARDC et de la Police
nationale venus en renfort mais débordés par la foule. Selon un
activiste des droits de l’homme local, les militaires et les policiers
ont tiré à balles réelles sur les manifestants.
Ces manifestants, selon des témoins oculaires, avaient fini par
saccager le siège du PPRD situé sur l’avenue de la Poste menant vers
l’aérodrome, tout comme la terrasse dénommée Tofinana appartenant à
Ruth Bakaji, selon Philomène Mwamba, activiste de l’Ong locale
dénommée ADEDEFE. Si l’avion transportant Ramazani Shadary et sa
délégation n’a pas pu atterrir, c’est parce que les jeunes
manifestants avaient envahi la piste et tous les bâtiments abritant
les divers services opérant dans les installations aéroportuaires.

Ville paralysée

A cause de ces incidents sanglants, la situation était très tendue à
travers cette ville qui est demeurée paralysée : pas d’activités
commerciales, ni administratives, ni scolaires. Pas de véhicules, ni
motos, ni vélos à travers les avenues, rues et ruelles de cette ville,
car les jeunes-gens manifestants se trouvaient en face des éléments
des forces des FARDC et de la Police armés jusqu’aux dents et prêts à
appuyer sur la gâchette. Le climat dans la commune de Kanzala était
très tendu et si rien n’est fait pour ramener l’ordre et la sécurité,
l’irréparable peut se produire.
On rapporte que la même tension avait été observée dimanche dernier
lors de l’arrivée de la délégation du couple Fatshivit, en provenance
de Kananga. On a dénombré deux morts suite aux affrontements entre les
militants de l’opposition et ceux du FCC.
Le même dimanche, l’arrivée dans cette ville du cortège de Maker
Mwangu, ancien ministre de l’Enseignement Primaire, secondaire et
professionnel avait été perturbée par des affrontements sanglants
entre milices privées tribalo-ethniques locales. Le bilan avait été
aussi macabre : deux morts de part et d’autre.

Kananga : Meeting perturbé par des jeunes manifestants

Empêché d’atterrir à Tshikapa, l’avion du candidat du Front Commun
pour le Congo s’est dirigé vers Kananga, chef-lieu du Kasaï Central.
Arrivé sur les lieux prévus pour le meeting, des jeunes-gens dont
l’identité n’a pas été révélée se sont mis à saccager les chaises et
autres matériels d’animation, obligeant le candidat du FCC à
interrompre son meeting et rebrousser chemin. Comme quoi, la tension
devient de plus en plus difficile à contrôler et cela à quatre jours
des élections prévues pour dimanche prochain.          F.M.

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