Appel de Kabila pour le dialogue : Fayulu dénonce un « coup d’Etat constitutionnel »

0
61

Martin Fayulu. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLe message de Joseph Kabila à la nation a provoqué l’émoi dans le camp de l’opposition anti-dialogue. Un de ses animateurs, en la personne de Martin Fayulu, est monté au créneau pour dénoncer la véritable intention du pouvoir en place, à savoir celle d’opérer un coup d’Etat constitutionnel.

Selon lui, le dialogue est un moyen trouvé par la Majorité présidentielle pour disqualifier la Constitution actuelle au profit d’un compromis politique qui  permettrait à son autorité morale de demeurer au pouvoir au-delà de 2016.

Pour le président de l’ECIDé, en proposant entre autres sujets à l’ordre du jour une réflexion sur un système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses, le Chef de l’Etat Kabila remet explicitement en cause les modes de scrutin prévu par la Constitution du 18 février 2006, selon chaque élection.

Il souligne que les deux nouveaux points ajoutés au dialogue, notamment la réflexion sur un nouveau système électoral et le rôle des partenaires  extérieurs dans le processus électoral prouvent, si besoin en était encore, que ces assises s’annoncent comme une nouvelle distraction ou prétexte qui cache une stratégie subtile de conservation du pouvoir par la majorité actuelle, contre la volonté du souverain primaire, qui aspire à l’alternance démocratique.

Le Coordonateur des FAC (Forces Acquises au Changement) accuse les tenants du pouvoir d’appliquer la politique de « stop and go » pour faire baisser la tension au sein des forces politiques et sociales, afin d’éviter le spectre de janvier 2015 contre la tentative de tripatouillage de la loi électorale.

Concernant l’ingérence extérieure récusée par Joseph Kabila, Fayulu fait remarquer que le budget de la République Démocratique du Congo bénéficie chaque année d’une contribution importante des partenaires extérieurs.

Il a rappelé que même le ramassage des immondices dans neuf des vingt-quatre communes de Kinshasa était subventionné, jusqu’à la fin de l’année dernière, par l’Union Européenne.

« Alors dire qu’on doit réfléchir sur comment éviter que l’apport extérieur ouvre la porte à l’ingérence extérieure relève d’une cécité politique surtout quand on sait que l’AFDL a été introduite en RDC par des étrangers », a-t-il souligné, avant d’appeler le peuple congolais à appliquer l’article 64 de la Constitution qui lui donne le pouvoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui veut prendre le pouvoir par la force ou l’exercer en violation de la Constitution.

ERIC WEMBA

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •