Anuarite, victime de la crise de légitimité entre Lumumba et Kasa-Vubu

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            Personne ne pouvait anticiper les conséquences de la crise de légitimité survenue quelques deux mois après l’accession du pays à la souveraineté internationale, entre le Chef de l’Etat Joseph KASA-VUBU et le Premier Ministre Patrice LUMUMBA. Une crise politique qui se traduisit par une longue guerre civile qui dura cinq ans, avec un bilan des plus catastrophiques : cinq cent mille morts, destruction des infrastructures agropastorales, industrielles, économiques et commerciales, sans compter des traumatismes causés au sein des populations civiles découlant des atrocités inadmissibles et infrahumaines perpétrées par les deux forces armées protagonistes, à savoir d’une part l’armée nationale et alliés et d’autre part les rebelles et leurs alliés.

            Le stade Lumumba de Kisangani fut particulièrement mis à contribution par les dirigeants de la «République Populaire du Congo», à savoir Christophe Gbenye, Antoine Gizenga et Gaston Soumialot, pour des exécutions massives et publiques des «ennemis» de leur régime. Maîtres de la Province Orientale, du Kivu, d’une partie du Kasaï, du Bandundu et de l’Equateur, ils étaient sans pitié pour tous ceux qui refusaent d’adhérer à  leur politique de terreur. Leurs troupes, de véritables hors-la-loi, s’attaquaient même aux églises. C’est dans ce contexte qu’en 1964, la religieuse AnuaritéNengapeta, fut mise à mort, pour avoir refusé de troquer sa viriginité contre sa liberté. Ses bourreaux étaient loin de penser qu’ils venaient de créer non seulement une héroïne, mais aussi une «sainte vierge» que l’Eglise catholique vénère aujourd’hui comme une «bienheureuse».

            Ce fut le règne de la terreur qui coûta cher à la Nation congolaise avec des assassinats réguliers et intempestifs, des massacres perpétrés dans des villages et localités d’où étaient originaires certains adversaires politiques, des pillages répétitifs, des déplacements massifs des populations civiles non armées, des viols massifs, des destructions méchantes des infrastructures industrielles, agropastorales, bancaires et administratives, écolières et autres. Il y a lieu de signaler que les idéologues locaux avaient inculqué aux éléments de ces forces rebelles que la consommation d’une potion soit disant magique inventée par une certaine fétichiste dénommée Maman ONEMA leur inoculait une force pour neutraliser les balles tirées par leurs ennemis de l’armée nationale congolaise. En outre, influencés par l’idéologie marxiste, les dirigeants rebelles ordonnèrent des assassinats, exécutions sommaires et viols des religieux et religieuses considérés comme les propagateurs des idéologies impérialistes occidentales.

C’est ainsi que les éléments mulelistes allaient au front les mains nues face aux armes automatiques modernes. Ils eurent gain de cause pendant les premières années de cette guerre car les éléments de l’Armée Nationale Congolaise commandée par le général Mobutu croyaient aussi aux vertus des fétiches. Jusqu’au jour où tout d’abord, le colonel Léonard MULAMBA libéra la ville de Bukavu en Août 1964 à bord d’une auto blindée alors que ses militaires avaient pris la fuite car convaincus que les rebelles étaient invulnérables. Ensuite, lorsque Moïse TCHOMBE accéda au poste de Premier Ministre du gouvernement de transition, il recourut aux mercenaires Sud-Africains, Rhodésiens, Français et Belges pour rétablir la légalité, l’ordre et la discipline.

F..M.

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