Année des massacres à Beni

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bukavuTerrible année 2014 pour les populations civiles de la région de Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Régulièrement prises pour cible de massacres par différentes factions armées qui écument la contrée, les victimes, cette fois-ci, se sont comptées jusqu’à près de 400 rien qu’entre octobre et décembre ! Villages attaqués et maisons incendiées par des hommes munis d’armes blanches, ceux-ci ont par ailleurs entrepris des massacres systématiques sur des hommes, femmes et enfants, tant à Manzanzaba, Mulobya, Ahili, Oïcha, Mutwanga, etc.

Situation ayant provoqué une panique générale et un exode massif des milliers de personnes, celles-ci craignent qu’il n’y ait encore de nouvelles exactions de l’ennemi invisible. Aussi, face à ces crimes à répétition, la population de Beni excédée, particulièrement les jeunes, a manifesté son mécontentement en s’en prenant avec violence tant à l’endroit des soldats de la paix de l’Onu qu’envers les éléments des Forces armées de la RDC (FARDC).

Représentant spécial adjoint de la Monusco, le général Abdallah Wafi est monté au créneau, le mercredi 12 novembre 2014, pour fustiger la campagne d’intoxication orchestrée contre les casques bleus des Nations-Unies. Au cours d’une conférence hebdomadaire de la mission onusienne à Kinshasa, il a dénoncé la circulation de fausses informations accusant la Monusco d’acheter des machettes qui servent aux massacres de la population à Beni et d’amener du soutien, particulièrement des vivres, aux rebelles ougandais de l’ADF, etc. « Ces gens sont allés plus loin en affirmant que le contingent népalais de la Monusco est anthropophage. Qu’ils kidnappent les gens qu’ils mangent dans leur camp. Actuellement, il est inutile de dire qu’il s’agit des mensonges. C’est inconcevable et tout cela procède de la campagne de manipulation et d’intoxication » avait-il martelé.

Dépêchés sur terrain pour rechercher ces assaillants, les FARDC, appuyées par la Force de la Monusco ont mené autant d’opérations de ratissage qui ont conduit aux premières arrestations de ces assassins présentés comme membres de la rébellion ougandaise dénommée ADF-Nalu.

 

Pointé, le M23 dément

 

Interrogé sur l’identité de ces assaillants, le porte-parole du gouvernement congolais,  Lambert Mende, lors de sa conférence de presse du vendredi 19 décembre 2014 a cité les éléments appartenant au Mouvement du 23 Mars(M23) comme faisant partie des auteurs des massacres de Beni. Aussitôt, la direction du Mouvement est sorti de sa tanière de Kampala pour démentir cette accusation, en soulignant que tous les combattants du M 23 ont arrêté les combats et ont quitté le territoire de la RDC depuis le 05 Novembre 2013.

 

Joseph Kabila à Beni

 

Bien avant cette escalade verbale, le Chef de l’État, Joseph Kabila, avait entrepris un déplacement à Beni afin de réconforter ses compatriotes meurtris. Dans son adresse du vendredi 31 octobre à la population de Beni, il a souhaité voir la Monusco renforcer sa présence dans cette zone pour faire face aux problèmes d’insécurité. D’ores et déjà, il a également mis en garde les rebelles ougandais de l’ADF accusés d’avoir tué environ quatre-vingts personnes dès le premier mois. Pour lui, « l’ennemi qui tue la population de Beni, c’est l’ADF ». « Dans notre pays, je n’ai jamais appris les tueries comme celles faites ici à Beni depuis le début du mois d’Octobre. Nous ne pouvons jamais accepter de discuter avec des gens comme ça. Ce sont des criminels. Leur place c’est en prison ou nous allons en finir définitivement avec eux », avait-il ajouté, avant de demander à la population de Beni de continuer à collaborer avec les FARDC.

Pour sa part, le chef de la Monusco, Martin Köbler, a lui aussi condamné tous ces massacres contre des civils et demandé des actions immédiates conjointes entre la mission onusienne et les Forces armées de la RDC «pour éliminer les terroristes».

Se disant profondément choqué, le numéro 1 de la Monusco a révélé que ces actes ignobles visent à maintenir un climat de terreur dans la région. D’où son appel urgent à la multiplication d’actions conjointes FARDC-Monusco et à une collaboration franche entre la population et ceux qui doivent les protéger, afin d’éradiquer ces criminels. Enfin, la Monusco a manifesté sa disponibilité à appuyer une enquête solide afin de rétablir les responsabilités de ces actes d’un autre âge.     TshiekeBukasa

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