André Kimbuta reproche des brutalités et des extorsions aux policiers

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L’opération « assainissement et salubrité » initiée par le gouvernement central et exécutée par l’exécutif provincial dans la ville de Kinshasa, continue son cours. Cette vaste campagne de salubrité qui touche toutes les communes,  et est sanctionnée par l’octroi des primes aux plus méritants, vient de  donner à la capitale, le visage d’une ville débarrassée des épaves des véhicules jonchant les rues, des marchés et garages pirates qui obstruaient certains passages et des restaurants et kiosques qui encombraient certains espaces verts. Enfin, des artères propres revoyent le jour, alors que disparaissent progressivement les sachets d’emballages, papiers et autres détritus. Certes, le décor hideux des avenues dépotoirs parsemées des montagnes d’immondices, des caniveaux transformés en galeries souterraines des rats et logeant des cancrelats, ainsi que des rigoles bouchées abritant des eaux usées aux multiples nids des moustiques tarde à disparaître.

 
    Tout n’est pas fini, loin s’en faut. Il reste que la culture de la propreté et de l’hygiène, avec une forte dose de respect de l’environnement, soit réinculquée aux Kinois qui n’ont pas encore renoncé à leurs anciens réflexes d’«épandeurs de la saleté», et de grands pollueurs de l’environnement. Un grand travail de sensibilisation devrait accompagner et sous-tendre cette opération d’assainissement pour lui garantir sa réussite dans la durée. Sinon, ce grand coup de balai n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau. Mais au fait, pourquoi a-t-on toujours l’impression que le passage des policiers commis à cette opération, ne règle pas le problème dans certains quartiers ?


    Selon l’enquête menée par nos reporters sur le terrain, il s’avère que deux jours après le passage des éléments de la brigade d’assainissement, certaines commerçantes reviennent sur le lieu avec quelques chaises et tables, et les restaurants de fortune à format très réduit réouvrent leurs portes. Ce n’est plus en dur que sont aménagés ces micro-établissements, mais en équipements ambulants et démontables. On signale aussi que le principal problème qui oppose les policiers et les commerçants de rue est la détention par ces derniers, des documents officiels obtenus dans des bureaux de l’Etat. Or, les services de l’Etat qui ont délivré ces titres d’occupation des emprises publiques, n’en avaient pas reçu la dérogation de la part de l’autorité communale ou provinciale. C’est en réalité, en violation de la législation foncière et de différents textes de lois sur l’urbanisation de la ville de Kinshasa que cela se passe.


    En ce qui concerne la poursuite de l’opération «  assainissement et salubrité » à Kinshasa, rappelons que dernièrement le gouverneur de la ville André Kimbuta est revenu sur le sujet. Cette fois, c’était pour inviter les policiers à s’abstenir des brutalités et des extorsions des biens des commerçants. A cette occasion, il a martelé qu’il n’a pas donné instruction aux éléments de la police pour bastonner les vendeurs de rue et arracher leurs marchandises. En tirant les oreilles aux agents de l’ordre souvent trop zélés et ceux enclins aux brutalités, André Kimbuta a voulu ainsi rappeler aux agents de l’opération assainissement et salubrité qu’ils n’ont pas reçu mandat de commettre des dérapages. Une façon de dire que les abus et autres violations des droits de l’homme pourraient se retourner contre leurs auteurs. Aussi, ils ne doivent s’en tenir qu’à la mission leur dévolue, celle de débarrasser la voie publique de toutes ces micro-entreprises. En outre, ils ne doivent pas oublier leurs missions ordinaires : la protection des personnes et de leurs biens.


    Au-delà de cette opération, on ne peut que déplorer le fait que les fous et les folles squattent encore aujourd’hui, certaines avenues et places publiques où ils se soulagent au vu et su de tout le monde, offrant ainsi un spectacle indigne d’une grande capitale. C’est bien que dans le cadre de la salubrité, on a débarrassé les kiosques et autres «ligablos», étalages et restaurants des rues. On a oublié la présence des «Shegués» et «Kuluna» qui insécurisent certains quartiers. A Gombe, toutes les nuits, dans les parages du bar-dancing « Planète J », derrière les Galeries présidentielles, au Centre médical SCTP, dans les alentours du beach Ngobila, non loin de la poste de la Gombe, et de la Cadeco, des monstres sortent de leurs nids et répandent la terrain, opérant des extorsions des biens de paisibles promeneurs.
C’est par l’éradication des marginaux que les Kinois et les Kinoises pourront également juger l’efficacité de cette opération.

                                       J.R.T.

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