Ambassade des USA : sit in non stop des mamans de l’opposition

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L’ambassade des USA qui est située non loin de l’église Sainte Anne, commune de la Gombe, est «assiégée» depuis lundi matin par de nouveaux hôtes de  sexe féminin.  La tête couverte d’un bandeau blanc, le teint clair ou encore sombre, moulées dans des pantalons ou simplement habillées en pagne, ces jolies et braves dames  sont des trentenaires, quadragénaires, quinquagénaires et même des sexagénaires.  La détermination se lit sur leurs visages. Elles sont probablement  près d’une centaine à passer leurs nuits dans le périmètre de l’ambassade des USA qui mène jusqu’à l’entrée de la chancellerie où il y a des vigiles.

« Nous  provenons  des différentes sensibilités de l’opposition. Certaines  consoeurs ne militent dans aucun parti», a-t-on entendu dire.
« Démocratie tuée. Hold up électoral. Les mamans réclament la vérité des urnes. Pour la démocratie, je ne me tairai point…. ». Tels sont les graffitis repris sur les pancartes collées tout au long du réduit qui sert d’habitation.

De passage sur les lieux hier mardi 20 décembre en fin d’après-midi, Le Phare s’est entretenu avec   quelques manifestantes de l’ambassade des USA.
«Nous sommes ici parce que nous ne sommes pas contentes du verdict prononcé par la CENI et de l’Arrêt de la CSJ en matière du scrutin du 28 novembre 2011. Nous ne quitterons les lieux que si la vérité des urnes venait à être rétablie.
Vos maris et vos enfants sont-ils de cœur avec vous ?

Piquée au vif, notre interlocutrice a réagi en ces termes ; « Nos maris ont-ils encore le courage de nous regarder droit dans les yeux ?  Si nous dormons à la belle étoile dans le périmètre de l’ambassade des USA, c’est pour leur redonner la dignité».
Et la brave dame d’indiquer que le colonel Kanyama qui s’est présenté avec trois jeeps bourrés des policiers, n’est pas parvenu à leur faire changer d’avis.

 Embarras

Etes-vous parvenu à faire passer votre message à votre illustre hôte ? A cette question, il nous a été donné d’apprendre que l’ambassadeur des USA leur avait envoyé ses collaborateurs.
Et comme, elles tenaient à ne pas parler avec ces émissaires, le diplomate américain a accédé à leur requête.
Ayant expliqué patiemment à leur hôte, les raisons de leur présence, elles se sont entendues dire que le combat du peuple américain pour la liberté a pris près d’un siècle.  C’est grâce à leur courage qu’elles pourraient à leur tour jouir effectivement de leurs droits. Jusqu’ici, seuls, Chalupa, Franck Diongo, Alexis Mutanda et Vital Kamerhe sont venus les voir. Ces opposants leur ont apporté un message de réconfort, des bouteilles d’eau, un peu d’argent….
Entre-temps des véhicules de la Monusco effectuent des va-et-viens sur l’allée qui jouxte l’ambassade des USA.
A notre arrivée sur les lieux, nous avons vu un cadre de la Monusco parler pendant une quinzaine des minutes avec quelques dames.
Il en a fait de même avec les opposants de passage sur les lieux. A l’en croire, il a réussi à « éloigner » du périmètre de l’ambassade des USA plusieurs galonnés de la police.         

Et ce cadre de préciser que pour des raisons de sécurité, la chancellerie américaine ne peut accepter indéfiniment d’avoir comme « locataires » des  personnes  non identifiées. Elle serait soulagée de voir des leaders politiques user de leur  capacité de persuasion pour amener ces dames à rentrer chez elles.
Il a ajouté par la même occasion qu’ils sont prêts à garantir la sécurité des « pensionnaires » de l’ambassade des USA. Au cas où quelque chose de fâcheux les guettait, elles peuvent immédiatement les appeler, a-t-il souligné.
Et si ces dames campaient sur leur position, ils seraient dans l’obligation d’appeler la police pour leur  faire changer d’avis.

Jean-Pierre Nkutu

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