Algérie : le schéma «Lamuka» revu et corrigé

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Photos Bernard Demoulin : Declaration elections RDC Bruxelles

C’est depuis plus de deux semaines que les populations habitant les villes et localités rurales algériennes vivent dans des affrontements violents entre elles et les forces de la police. Des gens, tous âges et sexes confondus, occupent les rues, avenues, boulevards, sites administratifs et sociaux pour manifester contre un cinquième mandat de leur président de la République. Le ton est monté avec des manifestations des jeunes qui réclament le départ du vieil Abdelaziz Bouteflika qui a déjà effectué quatre mandats à la tête du pays. Le temps semble suspendu au rythme des  manifestations pacifiques devant des agents de la Police mobilisés mais respectant les consignes de leur hiérarchie.

            C’est avant-hier que le ton a dépassé les bornes et le pire a été évité de justesse. En effet, la grande mouette, entendez les hauts responsables de l’Etat-Major des forces armées républicaines, sont sortis de leur mutisme pour prendre l‘opinion à témoin, en annonçant en des termes polis mais fermes que la situation sociopolitique générale commence à prendre les allures de l’époque du terrorisme sans visage, où chaque jour, le pays enregistrait des dizaines des morts innocentes qui tombaient sous les balles et les engins explosifs des groupes  extrémistes djihadistes.

            Cet appel a énervé les milieux sociopolitiques qui craignent de voir le pays revivre les pires moments de cette période macabre et inacceptable à jamais.

              Le vieux président de la République, aujourd’hui âgé de 84 ans, se trouve en soins en Suisse. C’est depuis 2013, que Abdelaziz Bouteflika vit caché, car obligé de se déplacer en chaise roulante, reçoit très rarement ou presque pas, ne sort jamais en public, ne s’adresse jamais en public, sauf par le biais de l’un de ses proches. Cet homme, victime d’un accident cardiovasculaire, n’est autre que l’ancien tout puissant et inamovible ministre des affaires étrangères du régime révolutionnaire et socialiste dirigé alors par Ahmed Ben Bella, membre influent du puissant bureau politique du Front National de Libération ou FNL, ayant conduit la guerre de libération contre l’occupation coloniale française. Avant de tomber suite à un coup d’Etat  dirigé alors par feu Houari Boumediene.

Arrivé au bout de cinq mandats à la tête de la République algérienne, Abdelaziz Bouteflika, pourtant très malade, a fait savoir selon l’un de ses proches, qu’il allait tout simplement se représenter à l’élection présidentielle pour la toute dernière fois. Promettant d’organiser des élections générales dans six mois et se retirer dignement.

Voilà la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les manifestations populaires ont repris du poil de la bête et se sont radicalisées. Les mêmes mouvements ont été observés partout à travers tout le territoire algérien et surtout à travers les Etats du monde où vivent les différentes diasporas algériennes. Notamment dans les différents villes et localités des Etats européens, des Amériques, au Proche et Moyen Orient. Sur le même ton : Pas de sixième mandat pour Abdelaziz Bouteflika. 

Schéma revu et corrigé de «Lamuka »

            Le schéma ainsi proposé par le vieux président Bouteflika ressemble curieusement à celui concocté à Genève, en octobre de l’année dernière, sous l’appellation de « Lamuka ». A Genève, il avait été conclu une période de transition de deux ans avec comme président de la République Martin Fayulu, chargé d’organiser des élections générales. Les autres animateurs devraient se partager d’autres postes dont particulièrement ceux de certains grands ministères des Mines, des Finances, des affaires étrangères et la direction de la Banque Centrale du Congo.  Le leader du mouvement « Lamuka » allait jouer le rôle de faire-valoir ou de sous-fifre pendant deux ans, le vrai pouvoir détenu par de grosses pointures cachées dans l’ombre, dont particulièrement les représentants des groupes financiers et miniers.    

F.M.

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