Alain Daniel Shekomba favorable à un comité international pour l’accompagnement du processus électoral en RD Congo

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Par une correspondance adressée en français et en anglais aux Nations-Unies, à l’Union Africaine, à l’Organisation internationale de la Francophonie, à la SADC, aux présidents des pays de la Région des Grands-Lacs Africains et aux présidents et chefs de gouvernement des pays-partenaires traditionnels de la coopération au développement de la République démocratique du Congo, Alain Daniel Shekomba suggère la mise en place d’un Comité international pour l’accompagnement et l’encadrement du processus électoral en cours.

          Par ailleurs, le leader de Mission Nouvelle recommande une fois de plus l’exercice d’un leadership exemplaire de la part du président Joseph Kabila dont le mandat est largement contesté pour illégalité et illégitimité, afin d’assurer la détente politique et la paix sociale avant la tenue des élections. Toutes les institutions étant hors mandat, il y a de plus en plus risque que l’application de l’article 64 de la constitution relaie les slogans apocalyptiques émergeant à travers le pays pour opposer violemment les populations congolaises aux acteurs institutionnels, toutes tendances confondues!

OBJET : MISE EN PLACE D’UN COMITÉ INTERNATIONAL DE SUIVI ET D’ENCADREMENT DU PROCESSUS ÉLECTORAL EN RD CONGO

À Leurs Excellences :

Monsieur le Président de la République Démocratique du Congo;

Monsieur le Président de la République du Congo;

Monsieur le Président de la République Sud-africaine;

Monsieur le Président de la République de l’Angola;

Monsieur le Président du Burundi;

Monsieur le Président de la République Centrafricaine;

Monsieur le Président de l’Ouganda;

Monsieur le Président du Rwanda;

Monsieur le Président du Soudan du Sud;

Monsieur le Président de la République Unie de Tanzanie;

Monsieur le Président de la Zambie

 

C.I. À Leurs Excellences :

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies;

Monsieur le Président du Parlement européen;

Monsieur le Président de la Commission européenne;

Madame la Secrétaire générale de la Francophonie;

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine;

Monsieur le Président en exercice de la CIRGL;

Monsieur le Président en exercice de la SADC;

Monsieur le Président des États-Unis d’Amérique;

Monsieur le Président de la République Française;

Monsieur le 1er Ministre du Royaume de Belgique;

Monsieur le 1er Ministre du Canada;

Madame la 1ère Ministre du Royaume Uni

 

Excellences,

 

Permettez-moi de vous remercier, d’entrée de jeu, pour les efforts déployés, afin de tenir vos engagements respectifs conformément à l’Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération en faveur de la République démocratique du Congo (RD Congo) et de la Région des Grands-Lacs, signé à Addis-Abeba le 24 février 2013.

Je voudrais particulièrement, au nom de « Mission Nouvelle » et du mien propre, reconnaître, nonobstant des affaires à rectifier, la part des énergies dépensées par le Président Joseph Kabila de la  RD Congo depuis 2001 en faveur de la paix, de la stabilité, de la libéralisation de l’économie et de la recherche de l’ « inclusivité » des forces sociopolitiques dans la gestion du pays et, spécialement, son implication, au travers le soutien apporté par ses différents gouvernements à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), dans l’élaboration et la publication de l’actuel calendrier électoral, conformément au point 5 de l’accord sus-évoqué :  « engagement renouvelé à promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation ».

Je tiens aussi à remercier tous les gouvernements des pays de la Région des Grands-Lacs, pour avoir respecté leurs engagements respectifs, singulièrement, le respect de la souveraineté territoriale des États voisins.

 

Excellences,

 

C’est ici le lieu de souligner que « Mission Nouvelle » est à la fois un Mouvement sociopolitique et une plate-forme électorale à caractère démocratique comptant des membres à travers toutes les provinces de la RD Congo et à l’étranger. À ce double titre, elle s’est assignée l’objectif de conquérir et d’exercer le pouvoir dans le strict respect des lois et règlements régissant ce pays, en accomplissant, par voie de conséquence, une révolution démocratique, citoyenne, républicaine et tranquille visant le changement véritable de système, de méthodes, d’attitudes et de reflexes de gestion dans les affaires publiques.

En qualité de groupe de réflexion et d’actions, nous pensons que les élections libres et démocratiques à tous les niveaux, dans le respect du calendrier publié par la CENI, est l’unique voie capable permettre l’atteinte des objectifs de réconciliation nationale, de tolérance, de démocratisation et de réalisation d’une paix sociale durable, premier facteur du progrès pour chaque pays membre de la Région. Cependant, toute idée d’amélioration de ce calendrier garantissant un meilleur rapport efficacité/cout devrait être la bienvenue et prise en considération.

Ainsi, au regard de différentes discussions politiques en RD Congo, nous avons  noté que le calendrier électoral publié par la CENI connait déjà un retard dans les actions essentielles qui concourent à la crédibilité de celle-ci : la nouvelle loi électorale devait être adoptée le 30 novembre 2017 au Parlement (en Assemblée nationale et au Sénat). Neuf (9) jours après, cette loi fait encore l’objet des discussions, des contestations, de nombreuses et profondes dissonances. Or, il est prévu que 15 jours après son adoption au Parlement, la loi électorale soit promulguée par le président de la République!

En outre, considérant la grande méfiance qui règne au sein de la classe politique, il est prévisible que de nombreuses étapes de ce calendrier électoral enregistrent davantage de retard. Entretemps, chaque jour qui passe, sans l’organisation des élections en RD Congo, ne fait qu’ajouter au long cortège de malheur des Congolaises et Congolais, douleurs, humiliations et désespoirs : le viol de femmes, le recrutement des enfants dans les groupes armés, les pillages des ressources naturelles, le travail forcé et illicite des enfants dans les mines sans aucune protection, les massacres à grande échelle, les déplacements en masse des populations fuyant des zones de conflit. Bref, une misère, une pauvreté et une instabilité indescriptible imposées à d’aimables populations.

Tenant compte de ce qui précède, « Mission Nouvelle », à travers ma personne, propose ce qui suit :

1.       Le président Joseph Kabila, qui, – à la lumière des dispositions de l’article 70 de la constitution de la RD Congo dans son alinéa premier stipulant que « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandant de cinq ans renouvelable une seule fois »  et l’article 220 de la même constitution  dans son alinéa premier ajoutant que « La forme républicaine de l’état , le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandants du Président de la Re publique, l’indépendance  du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle » n’est plus concerné, à titre personnel, par les élections prochaines-, doit, en son dernier épisode politique, faire davantage preuve de leadership responsable comme au début de sa présidence: il compte, à son actif, la réunification du pays, le retour aux élections aux niveaux national et provincial ainsi que la libéralisation de l’économique du pays. Il doit faire preuve de ce leadership pour rassembler les acteurs politiques congolais autour de ce calendrier électoral et les rassurer quant à la qualité de l’organisation de ces élections générales dont la réussite et le succès constitueront son précieux décompte final en politique et en histoire de la RD Congo : un atout exceptionnel pour une personne visionnaire et ambitieuse ayant plus de 15 ans d’expérience à la tête d’un pays à la dimension et au poids de tout un continent.

 

2. La Communauté internationale qui, dans l’Accord d’Addis-Abeba, avait pris un engagement renouvelé, en partenaires bilatéraux et multilatéraux, à demeurer mobilisée aux côtés de la RD Congo et de la Région concernée, y compris et avec les moyens pour assurer la durabilité de leurs actions sur le long terme.

Fort de cet engagement et comme ce fut le cas pour l’Accord global et inclusif adopté le 1er avril 2003, à Sun City, en Afrique du Sud, – en présence de Son Excellence Thabo Mbeki, Président de la République sud-africaine d’alors et de Monsieur Moustapha Niasse, Représentant du Secrétaire général des Nations Unies d’alors, – lequel accord, dans son annexe 4 intitulé « De la Garantie internationale », avait occasionné la mise en place d’un Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT) ayant pour mission de garantir la bonne mise en œuvre dudit accord,  « Mission Nouvelle » sollicite une garantie neutre et internationale par la Mise en place d’un Comité international d’accompagnement et d’encadrement du processus (calendrier) électoral qui, composé des Ambassadeurs ou Chefs de Mission diplomatique des pays ou organisations internationales ci-haut impliqués, aura pour rôle :

–        Rassurer les acteurs politiques congolais sur la tenue et le respect du calendrier électoral par tous les acteurs et partenaires concernés;

–        Garantir sur toute l’étendue du territoire national la liberté de circulation, la liberté d’expression et la sécurité physique des candidats à tous les niveaux, spécialement aux candidats à la présidence de la RD Congo;

–        Garantir la transparence dans la mobilisation et l’affectation des fonds alloués à l’organisation élections;

–        Garantir la transparence dans la préparation et le déroulement des opérations de vote, en tant qu’observateur de proximité et permanent

« Mission Nouvelle » est convaincue que ces propositions sont susceptibles de contribuer à la tenue des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées en RD Congo.

Je ne saurai terminer cette lettre sans devoir exprimer les condoléances les plus attristées à la République unie de Tanzanie qui a perdu 14 de ses valeureux soldats venus protéger la population congolaise dans le cadre de la MONUSCO. Ce drame de plus nous interpelle, aujourd’hui plus que hier, qu’une solution définitive et durable doit être trouvée pour la stabilité de la RD Congo et de toute la Région.

Je vous prie d’agréer, Excellences, l’expression de mes sentiments de parfaite considération.

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