Agriculture/Sécurité alimentaire : le parc de Bukanga-Lonzo donne le ton

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parc-Bukanga-LonzoVoici au moins trois décennies que la République Démocratique du Congo, réputée potentiellement riche dans tous les domaines vitaux de l’activité humaine, est confrontée à une crise alimentaire aigüe. A tel point que selon l’indice de développement humain des Nations, elle continue de traîner à la queue du peloton.

Plusieurs analyses se sont penchées sur cette triste réalité qui fait la honte d’un peuple qui dispose pourtant de tous les atouts pour jouir d’un développement comparable à celui des pays émergeants. Pas seulement à cause de l’immense potentiel minier dont regorge son sous-sol, mais aussi parce que la Providence a doté son territoire de cours d’eaux extrêmement poissonneux, de forêts aux multiples essences et d’énormes étendues de terres arables propices à une agriculture intensive.

PRISE DE CONSCIENCE

 La réponse à cette problématique a tardé, jusqu’au moment où les objectifs du Millénaire pour le Développement définis par les Nations Unies ont obligé les autorités à tenir le taureau par les cornes. Le but visé est de permettre au pays de réduire progressivement sa dépendance aux exportations des denrées alimentaires par une production nationale conséquente et, par là-même, de minimiser petit à petit le gouffre de la pauvreté dans lequel les populations congolaises se débattent depuis de nombreuses années.

Au nom de cette prise de conscience de la nécessité d’apporter aux Congolais une nourriture suffisante et saine, pour qu’il soit en mesure de mener à bien son combat pour le développement tous azimuts, le régime de la Deuxième République a inventé toutes sortes de mots d’ordre de mobilisation ad hoc. Dès le départ, il a décrété l’agriculture « priorité des priorités ». Ce qui est une évidence, puisque l’histoire du monde démontre que sur tous les continents, le développement industriel s’est bâti sur les piliers de l’agriculture.

Plusieurs projets agricoles ont été lancés à cet effet, dont le plus représentatif a été le Domaine Agro-industriel Présidentiel de la N’Sele (DAIPN). Au nom de la directive «Objectif 80», d’autres initiatives ont vu le jour, avec l’ambition de faire du Congo un géant économique au cœur de l’Afrique.

On s’interroge encore jusqu’aujourd’hui sur l’origine de l’échec retentissant de ces différents projets seulement au bout de quelques années de fonctionnement, et particulièrement du DAIPN, qui a semblé porter en lui l’espoir d’un essor économique radieux pour le pays. A ce sujet, on peut évidemment épingler les méthodes de gestion qui n’ont pas su résister par exemple à l’influence négative du clientélisme politique, ayant parfois conduit à la nomination à la tête de cette importante unité de production des personnes sans aucune expertise dans le domaine agro-industriel.

LE DECLIC

 Depuis l’avènement de la Troisième République, tout porte à croire que les autorités sont réellement décidées à combattre la fatalité de la pauvreté qui semble s’acharner sur la RDC. En réaffirmant la priorité absolue de l’agriculture dans  la marche du pays vers son développement intégral, le Président de la République, Joseph Kabila, n’a pas seulement repris à son compte un slogan mobilisateur, mais il a effectivement donné le coup d’envoi à la révolution verte en RDC.

Tel est le sens à donner à l’inauguration, mardi, du Parc Agro-industriel de Bukanza-Lonzo, véritable chantier du grenier agricole que la RDC doit redevenir dans les années qui viennent. Cette riche expérience qui débute dès maintenant dans cette région du Bandundu et qui traduit concrètement dans les faits l’une des recommandations les plus pertinentes des assises des concertations nationales, présente trois avantages majeurs.

Le premier  est que ce gigantesque projet étalé sur 75.000 hectares et disposant d’infrastructures appropriées ainsi que d’un équipement ultramoderne à haut rendement  constitue une extraordinaire opportunité pour les communautés locales de bénéficier de l’apport de ce projet  en tant que partenaires, pour l’amélioration de leurs modes de production. Le deuxième est qu’avec 5.000 emplois directs à la clé, le parc de Bukanga-Lonzo participe de manière significative à la régression du chômage dont souffre particulièrement la jeunesse dans cette province autant qu’ailleurs sur l’ensemble du pays. Le troisième est qu’étant situé à faible distance de la capitale avec ses dix millions de consommateurs, il est assuré de rentabiliser son financement initial à plus ou moins brève échéance.

COUP DE CHAPEAU A L’EXECUTIF

Des économistes de renom ont estimé que l’efficacité d’un gouvernement se mesure non seulement à sa capacité de maîtriser les paramètres macro-économiques de son pays, mais aussi et surtout à son aptitude à nourrir sa population.

De l’avis de tous les experts en la matière, le gouvernement Augustin Matata Ponyo, agissant sous le leadership du chef de l’Etat Joseph Kabila, réussit avec brio le premier volet de cette évaluation. Il lui restait de combler le déficit en ce qui concerne le second volet. A cet égard, le lancement du Parc agro-industriel de Bukanza-Lonzo, premier maillon d’une chaîne de même nature devant s’éparpiller sur l’ensemble du territoire national, représente un effort considérable qui mérite reconnaissance,

En effet, contrairement aux nombreux projets sans lendemain exécutés sous la Deuxième République, celui construit sous l’appellation de «Société de Parcs Industriels» démontre déjà la détermination avec laquelle l’Exécutif entend garantir une fois pour toutes l’autosuffisance alimentaire en RDC, tout en réalisant du même coup de substantielles économies de devises. Pour s’en convaincre, il suffit de noter notamment  l’importance des moyens financiers libérés à cet effet par le gouvernement (83 millions de dollars puisés sur fonds internes) et le choix combien judicieux, pour sa gestion, des partenaires sud-africains qui de notoriété publique excellent dans le domaine de la production agricole.

TOUS LA MAIN A LA PATE !

 En parvenant à faire sortir de terre cet imposant complexe du Parc agro-ondustriel de Bukanga-Lonzo, le gouvernement Matata donne ainsi le ton à la victoire de la RDC sur l’insécurité alimentaire, à laquelle elle semblait être vouée éternellement, tandis qu’à travers cette œuvre grandiose, le Président de la République apporte la preuve que sa vision d’un Congo émergent n’est pas un leurre.

C’est ici le lieu de souligner que le coup d’envoi qui vient d’être donné par l’Exécutif pour mettre un terme à l’insécurité alimentaire dans notre pays est un formidable exemple qui devrait être imité par tous ceux et celles de nos compatriotes disposant d’une certaine puissance financière. La charge de faire de la RDC un pays plus beau qu’avant revient certes au gouvernement au premier plan, mais aussi à chacune et à chacun de ses filles et fils. Il faudrait donc que les Congolais financièrement assis, chacun dans sa région d’origine, se donnent le devoir d’accompagner le gouvernement en mettant la main à la pate dans l’agriculture, la pêche et l’élevage afin que l’autosuffisance alimentaire devienne à bref délai une réalité palpable en République Démocratique du Congo.-

BONDO NSAMA

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