Affaires étrangères : des questions sur la disparition de 1.600 passeports

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L’enquête ouverte au ministère des Affaires étrangères par le Quartier général de la police judiciaire, au lendemain de la découverte du vol de 1.600 passeports vierges, livre déjà quelques pistes. Ce qui rassure les autorités aussi bien des ministères des Affaires étrangères que de la Justice sur l’évolution des investigations menées sous la direction du nouvel Inspecteur général de la police judiciaire Dongo. Il est permis de croire qu’avec cette enquête et la détermination des limiers du Quartier général de la police judiciaire, l’on n’est plus loin de reconstituer toutes les circonstances de ce vol des passeports commis avant qu’ils soient introduits dans le circuit administratif au bénéfice des demandeurs.
Selon des informations recueillies dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères, tout serait parti de la dénonciation faite par un jeune garçon. Saksy, cet informateur occasionnel, non autrement identifié, était contacté par un certain Yves dans son quartier, pour l’aider à écouler un lot important des passeports.
Des policiers du camp Mobutu à Lemba mis aussitôt au parfum de cette information, l’ont immédiatement appréhendé et soumis à un interrogatoire serré. De fil en aiguille, le parquet de grande instance initiera une réquisition d’information, afin de réclamer ce dossier judiciaire de l’OPJ et poursuivre les investigations ouvertes par les services de la police.
Aujourd’hui, c’est l’Inspection générale de la police judiciaire qui tente d’approfondir les recherches dans cette affaire.
Qu’est-ce qui s’est réellement passé aux Affaires étrangères ?
Jusqu’avant la dénonciation de Saksy, seuls le directeur de la chancellerie Jean Ntambo et deux nouvelles unités, le coordonnateur Alain Kumbi et le superviseur de la salle de confection Job Molinda, agents du ministère des Affaires étrangères, géraient au quotidien, le stock des passeports vierges entreposés dans la cave du ministère. Ils étaient les seuls à savoir combien de ces imprimés de valeur sortaient de la cave, combien étaient sollicités par les demandeurs éventuels et introduits dans le circuit de leur délivrance et combien restaient dans le stock.    
Aux Affaires étrangères, on laisse entendre aussi que le coordonnateur Nange Apollinaire, parti en mission de formation au Brésil, faisait partie de cette équipe qui gérait les passeports au niveau de la cave dont ils détenaient seuls le secret de la fermeture.
Sur base de la dénonciation faite par l’informateur occasionnel, il s’est avéré que les serrures de la porte de la cave étaient intactes, et ne présentaient aucune défaillance. Le constat établissait qu’un lot de 1.600 passeports dont 800 diplomatiques et 800 ordinaires avaient disparu du stock. Quelque part dans cette pièce, on a constaté des traces d’effraction. En effet, ont rapporté des agents de ce ministère, les antivols des fenêtres de la cave étaient coupés à la scie. C’est par ce passage que des voleurs se seraient introduits dans la cave pour commettre leur forfait, avant de s’évanouir dans la nature.
Les questions qui viennent immédiatement à l’esprit sont celles de savoir quand est-ce que ce cambriolage a-t-il été opéré. Où se trouvaient les nombreux policiers chargés de la garde du ministère ?  Qui accèdent souvent à la cave et à quelles heures de la journée ?
Pourquoi ce vol n’avait-il pas été découvert plutôt par les agents du ministère des Affaires étrangères ? Et qui sont les curieux voleurs ?
En tout état de cause, a indiqué une source, au regard des autres effets emportés par les malfaiteurs, notamment un appareil photo, et un Megapass, tout porte à croire qu’ils étaient intéressés par ce matériel et envisageaient de monter un bureau clandestin parallèle de chancellerie à la cité. Les activités de ce bureau allaient certainement démarrer avec un premier lot de 1.600 dollars. 
Avec l’enquête ouverte à l’Inspection générale de la police judiciaire, les numéros de séries des passeports volés par des malfaiteurs sont connus. C’est là l’une des pistes qui va orienter les limiers de la police judiciaire des parquets sur les traces de cette bande des faussaires.
L’autre piste est celle des empreintes digitales laissées sur les barres antivols de fenêtres par les voleurs qu’il faudrait comparer avec celles des suspects. C’est ici que les investigations de la police scientifique pourraient se révéler nécessaires et urgentes.
Pour l’instant, retenons que le directeur de la chancellerie Jean Ntambo et les agents Alain Kumbi et Job Molinde figurent parmi les premiers suspects mis sous les verrous, compte tenu de leur négligence et de leur responsabilité dans la gestion de ces imprimés de valeur.
                                
J.R.T.
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