Affaires de viols à Kinshasa : réalité ou escroquerie ?

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sai_sai_ws1021493754Kinshasa qui a gardé tout son souffle pendant plus d’un mois, a tressailli de joie en apprenant le vendredi 20 mars 2015, dans l’après-midi, que la justice venait de prononcer l’acquittement de l’artiste-comédien Mafinga  alias Fiston Saï-Saï poursuivi pour viol sur une fille présentée comme mineure d’âge. Gavée par les informations des médias, depuis le début de cette affaire, l’opinion publique suivait de près, le déroulement  des enquêtes, péripétie après péripétie, jusqu’au procès dont le jugement a été rendu vendredi dernier par le Tribunal de grande instance de la Gombe.
On retiendra de cette curieuse affaire que les juges de cette juridiction  étaient suffisamment édifiés par les rapports d’experts établis par les médecins-légistes et l’opérateur des télécommunications, sur l’âge de la fille, ses communications téléphoniques la nuit des faits.
Fiston Saï-Saï acquitté, l’opinion nationale s’interroge aujourd’hui sur le sort d’autres «  Fiston Saï-Saï » arrêtés pour des faits similaires et qui moisissent dans les gêoles de la police ou dans les pavillons des prisons du pays. Depuis quelques temps, des hommes apparemment inoffensifs sont pris dans les mailles des filets de la justice, au motif qu’ils auraient violé de jeunes filles à bord de leurs voitures ou dans des chambres d’hôtel.
Sans approfondir les investigations, interroger les faits et les experts, recueillir les témoignages des agents des établissements hôteliers ou vérifier les fiches des clients, certaines juridictions ont condamné aux peines d’emprisonnement de malheureux bienfaiteurs qui regrettent d’avoir embarqué à bord de leurs véhicules, une fille qui avait sollicité d’être transportée.
A Bandalungwa, sur avenue Bwete, une dame aux mœurs légères en a fait son fonds de commerce. Toutes les grosses légumes qui se sont aventurées dans ses frasques, ont été traquées, menacées et humiliées pour viol. Pour se sortir de cette mauvaise passe, elles ont dû délier le cordon de la bourse.

Pourquoi la justice ne s’en prendrait-elle pas aux fausses victimes de viols ?

Un fonctionnaire de l’Etat roulant dans sa jeep, s’est soucié un jour, du sort d’une demoiselle démunie qui tenait à aller visiter ses parents hospitalisés dans un centre médical de la place. Service qu’il a accepté de remplir de gaieté de cœur. Chemin faisant, le bon samaritain a échangé avec sa passagère, parlant de tout et de rien.
Parvenue à sa destination, la fille a demandé à descendre. Mais voilà qu’au lieu de remercier son bienfaiteur, elle l’a agrippé à ses habits, soutenant que pour avoir passé avec elle toute la nuit, elle exigeait d’être payée. La discussion a attiré des curieux, mais aussi des policiers qui se sont saisis de cette affaire, demandant au fonctionnaire d’honorer la « facture » pour éviter des ennuis inutiles.
L’homme s’est accroché mordicus à sa version, ne voulant rien entendre de cette affaire qui avait tout l’air d’une escroquerie. Pour lui, il était hors de question de parler d’un règlement à l’amiable. Et c’est à la question de savoir quelle était la couleur de sous-vêtements de son «  amant » occasionnel, que la fille s’est fourvoyée en parlant de couleur blanche. Ce qui était faux. Car, l’homme portait un ensemble de couleur bleu ciel. Sur le champ, les policiers ont compris que la fille était une escroc et ont relâché le bon samaritain satisfait de cette issue heureuse.
Quelques promoteurs d’entreprises qui ont eu quelques liaisons amoureuses avec des filles, ne sont pas près d’oublier leurs mésaventures. Au lieu de parler de viols, les gamines ont prétexté qu’elles attendaient famille et contraint leurs «  amants » à les prendre en charge, non seulement pour les frais d’hébergement dans un studio, mais aussi pour tous les frais de maternité. Les engagements étaient pris devant un OPJ de la police, alors que les filles n’étaient pas grosses.
Dans leurs escapades amoureuses dans des clubs-dancing de Kinshasa, quelques expatriés infortunés sont tombés sur des filles de joie qui ont saisi la police, pour réclamer le réajustement de la « note » de leur soirée, ainsi que des frais de dédommagement. Car, prétendaient-elles, les partenaires leur avaient promis des biens, dont des téléphones VIP, des bijoux en or et des vêtements.
Affaires de viols qui prolifèrent dans la capitale ou dans les grandes villes : réalité ou escroquerie ? Chaque affaire étant différente de par les prévenus et les victimes, mais aussi les circonstances de sa commission, il revient aux OPJ saisis de telles plaintes de ne pas se précipiter à appréhender les prétendus auteurs de viols, mais d’enquêter suffisamment assez pour réunir tous les éléments pouvant établir ou non la responsabilité des prévenus.
Vrais viols ou faux viols : les hommes sont désormais invités à la prudence et à la vigilance. Les escrocs ne rateront aucune occasion pour les faire poursuivre, afin de leur soutirer un peu de devises.              JRT

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