Affaire visa d’entrée en RDC :l’avocat français de Kamerhe fait du théâtre

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Absent du procès de Vital Kamerhe au premier degré, au niveau du Tribunal de Grande Instance de Gombe, sous prétexte que le gouvernement congolais lui aurait refusé le visa d’entrée, pour des raisons politiques, Pierre- Olivier Sur, l’avocat français de Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, est revenu à la charge, à quelques jours de l’instruction du dossier au degré d’appel. Comme en mai dernier, il avance le même prétexte, traitant au passage la RDC d’Etat de non droit et le procès de son client de politique.

            Il est fort dommage qu’un praticien du droit de son niveau fasse du théâtre dans un dossier aussi sérieux, où l’Etat congolais cherche à récupérer plusieurs dizaines de millions de dollars américains, détournés par l’ancien numéro un de l’administration de la présidence de la République, le principal donneur d’ordre, avant sa neutralisation par la justice, dans le programme de 100 jours du Chef de l’Etat destiné à la réhabilitation et à la modernisation des infrastructures de base à travers l’ensemble du territoire national.

            Cet avocat ainsi que ses confrères congolais, membres du collectif de la défense de Vital Kamerhe, auraient dû avoir l’honnêteté de dire au commun de Congolais, qui le sait peut-être pas, que la Loi organique du Barreau congolais, numéro 79-28 du 28 septembre 1979 réserve, aux seuls avocats congolais inscrits à l’un des Barreaux de la RDC, l’exclusivité de plaider dans des procès se déroulant sur le territoire national.

            L’exception, en la matière, ne concerne que la République du Congo/Brazzaville, le Rwanda et le Bureau. En effet, ces trois Etats sont les seuls au monde, jusque-là, à avoir signé des conventions de coopération judiciaire avec la République Démocratique du Congo. Par conséquent, les avocats congolo-brazzavillois, rwandais et burundais peuvent venir plaider dans des procès en RDC, sans la moindre restriction. De même, les avocats rdcongolais peuvent participer aux procès sur les territoires du Congo/Brazzaville, du Rwanda et du Burundi.

            En l’absence de convention de coopération judiciaire, la réciprocité est possible s’il existe une convention internationale entre la RDC et un Etat tiers. Malheureusement, ce n’est pas le cas en l’Etat congolais et la France. Les deux pays ne sont liés ni par une convention de coopération judiciaire, ni par une convention internationale.

            En clair, le problème posé par Me Pierre-Oliver Sur ne concerne nullement un visa d’entrée. Car, même s’il obtenait un visa, aux conditions exigibles en la matière, il viendrait faire du tourisme à Kinshasa en lieu et place de défendre Kamerhe. Ce n’est pas le gouvernement congolais qui serait le premier à l’empêcher de plaider mais le Conseil National de l’Ordre des Avocats congolais.

            L’avocat français de Kamerhe et ses confrères congolais n’ignorent pas l’obstacle principal, d’ordre déontologique, à la prestation du précité au niveau des cours et tribunaux congolais. Quelle déception ! Question : qu’est-ce qui fait courir Me Pierre-Olivier Sur ?

                           Kimp

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