Affaire Unilu : le Chef de l’Etat frappe fort !

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Fraichement entré en fonctions le vendredi 25 janvier 2019, le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, est contraint de sortir de nouveau de sa réserve. Après avoir décidé la suspension de tout recrutement, toute mise en place et toute sortie de fonds non liée aux charges du personnel au niveau des ministères, des entreprises, établissements et services publics, il vient de frapper dans le secteur de l’Enseignement Supérieur et Universitaire.

 

Cette réaction instantanée est justifiée par son souci au respect de la vie humaine, qu’il considère comme sacrée.

            En effet, saisi en urgence du dossier de la mort de trois étudiants et un policier le dimanche 27 janvier à l’Université de Lubumbashi, suite à une manifestation de la communauté universitaire contre la coupure d’eau et d’électricité pendant trois jours et au réajustement des frais académiques par le ministre de tutelle, il a instruit son directeur de cabinet, Vital Kamerhe, de mettre de l’ordre dans la boutique.

Dans cet ordre d’idées, le Comissaire supérieur provincial de la police ayant donné l’ordre à la troupe d’intervenir dans le campus universitaire précité et de tirer à balles réelles sur les manifestants, se trouve aux arrêts et déférés devant la justice militaire. Quant au ministre Stève Mbikay, il a été entendu en Conseil de ministre restreint, sous la présidence  du Premier ministre.

            L’opinion attend impatiemment la suite de ce dossier où il y a eu mort d’hommes à cause à la fois d’une intervention disproportionnée de la police et du recours intempestif aux balles réelles pour réprimer une manifestation mais aussi de la gestion maladroit des problèmes sociaux de base (eau potable, électricité, frais académiques). Il est sûr et certain qu’en ce début de mandat présidentiel où l’impunité est épinglée comme une antivaleur à éradiquer au plus tôt, les responsables civils et militaires impliqués dans les incidents de l’Université de Lubumbashi ainsi que les policiers ayant exécutés des ordres mal réfléchis vont être sévèrement sanctionnés.

            S’agissant du ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Stève Mbikayi, dont l’entourage soutient qu’il n’a jamais pris une mesure portant augmentation des frais académiques dans son secteur, à défaut d’être tenu pour responsable de la majorité des griefs décriée dans le communiqué du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, il pourrait être accusé de laxisme face aux libertés que prennent plusieurs autorités académiques dans la fixation des frais académiques. En effet, il a été constaté, ces dernières années, que partout où des étudiants se soulèvent (Université de Kinshasa, Université Pédagogique Nationale, Institut Facultaire des Sciences et Techniques de l’Information, Institut des Techniques Appliquées, Université de Kisangani), les différents ministres chargés de l’Enseignement Supérieur et Universitaire donnent la triste impression de cautionner les réajustements intempestifs des frais académiques. Des informations en circulation dans les milieux académiques laissent entendre qu’une importante quotité est versée au cabinet du ministre, au prorata de 10 % par étudiant. Certains cabinets ministériels antérieurs à celui de Mbikayi, soutient-on, opéraient des prélèvements sur les frais académiques dès la rentrée académique, en prenant comme base de calcul le nombre d’étudiants inscrits, sans chercher à savoir si tous seraient solvables ou pas.

            Les observateurs pensent qu’à partir des incidents de l’Université de Lubumbashi, le futur chef du gouvernement devrait porter une attention particulière au dossier des frais académiques, lesquels devraient être fixés en fonction du maigre pouvoir d’achat des parents et tuteurs des étudiants et réfléchir à la possibilité de versement des frais de fonctionnement conséquents aux établissements officiels d’enseignement supérieur et universitaire.

Kimp

 

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE LA PRÉSIDENCE

DE LA RÉPUBLIQUE

Le Président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a appris avec consternation l’incident malheureux survenu ce dimanche 27 janvier 2019 à Lubumbashi à la suite des revendications légitimes des étudiants sur la desserte en eau et électricité dans leur campus universitaire mais aussi le réajustement des frais d’études décidés par le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire.

 

Selon les rapports concordants, un Commissaire supérieur principal de la Police Nationale Congolaise nommé Yaweh Bertin  a ordonné de tirer sans sommation sur les paisibles étudiants alors qu’ils sortaient d’une audience avec le gouverneur du Haut-Katanga.

 

Le bilan provisoire établit par les sources officielles fait état de quatre morts dont trois étudiants et un policier.

 

Le Chef de l’Etat, Commandant Suprême des Forces Armées, garant de la nation, de la paix et de la sécurité, soucieux de faire respecter scrupuleusement les droits humains et libertés publiques, condamne avec  force cet acte ignoble de la part d’un officier supérieur.

 

  En attendant l’enquête qui sera diligentée par le gouvernement sans délais, le Président de la République a pris les mesures ci-après :

1. L’officier incriminé est déféré devant la justice militaire afin de subir la rigueur de la loi ;

2. La décision du ministre de l’ESU portant réajustement des frais académiques est suspendue ;

3. Le ministre de l’ESU doit être entendu sur ces faits afin d’établir les responsabilités.

 

Le Président de la République appelle la population estudiantine au calme et à la retenue. Il présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes aussi bien civiles que policières.

 

Fait à Kinshasa, le 27 janvier 2019

Honorable Vital KAMERHE

Directeur de cabinet du Chef de l’Etat

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