Affaire des mercenaires au Katanga : Thambwe veut arrêter Katumbi

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thambwe muambaOn pensait que la trêve intervenue sur la scène politique congolaise depuis la mort de Papa Wemba allait se prolonger jusqu’au quarantième jour, échéance retenue pour l’exhumation de son corps du caveau où il repose à la Nécropole Ciel et Terre, à Kinkole, et son transfert au mausolée à construire en sa mémoire dans la concession du général Olenga, non loin de là. Erreur ! Car, pendant que la star était conduite vers sa dernière demeure provisoire, la Majorité Présidentielle déterraité la hache de guerre contre l’Opposition, en choisissant comme artificier le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Alexis Thambwe Mwamba. En effet, ce membre du gouvernement a révélé aux médias, hier mercredi 04 mai 2016, avoir donné injonction au Procureur Général de la République d’ouvrir un dossier judiciaire à charge de Moïse Katumbi, qu’il accuse d’avoir recruté d’anciens
militaires étrangers, dont des Américains, et de les utiliser à des fins obscures dans l’ex-province du Katanga. Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux a soutenu détenir « la preuve documentée » de ses
accusations.

A la lumière de ce qui était versé jusque-là dans le panier des rumeurs mais auquel Alexis Thambwe Mwamba vient de donner un relief particulier, d’aucuns pensent que le dossier judiciaire de Moïse Katumbi risque de prendre d’ici peu une tournure de nature à conduire à son interpellation et, pourquoi pas, à son arrestation, en attendant sa fixation devant les cours et tribunaux. Cela parait d’autant évident qu’à ce stade, quatre membres de sa garde rapprochée, dont un sujet américain, se trouvent aux arrêts depuis le 24 avril à Lubumbashi, en marge d’une manifestation de l’Opposition liée à la commémoration du 26me anniversaire de l’ouverture du pays à la démocratie, et transférés à Kinshasa. On se souvient aussi que dans le feuilleton Moïse Katumbi émarge l’arrestation de son ancien directeur de cabinet au gouvernorat du Katanga, le professeur Huit Mulongo, lui
aussi transféré à Kinshasa.

On rappelle que des allégations faisant état des caches d’armes de cet ancien cadre de la Majorité Présidentielle et du PPRD/ Katanga et de l’existence ses milices armées dans cette partie de la République n’ont cessé de circuler depuis sa rupture avec son ancienne famille politique, il y a presqu’une année.

Complot contre un présidentiable ?

Dans le camp de l’Opposition, et plus précisément du G7 (MSR de
Pierre Lumbi, ARC d’Olivier Kamitatu, Unafec de Gabriel Kyungu, Unadef
de Charles Mwando, PDSC de José Endundo, MDD de Christophe Lutundula,
ACO de Dani Banza) et de l’Alliance pour l’Alternance), deux
plates-formes qui l’ont plébiscité dernièrement comme leur « candidat
commun à l’élection présidentielle », on parle de complot politique
contre leur protégé. Tous les alliés politiques de Moïse Katumbi sont
d’avis que ses ennuis politico-judiciaires de l’heure ont pour toile
de fond son intention de briguer la magistrature suprême du pays en
novembre 2016, en vue de succéder au Chef de l’Etat actuellement en
fonction. Les accusations portant sur des préparatifs, par
l’intéressé, d’une insurrection armée à partir de l’ex-province du
Katanga, viseraient, selon eux, à le disqualifier de la course à la
présidence de la République, pour laquelle il ferait figure de favori.
Quant à Moïse Katumbi, qui soutient ne rien se reprocher, il exige
une enquête internationale dans sa résidence ainsi que dans ses
fermes, afin que toute la lumière soit faite sur toutes les
allégations touchant sa personne, notamment celles relatives à la
détention d’armes de guerre, au parrainage des milices armées, au
recrutement des mercenaires, aux préparatifs d’un coup de force contre
les institutions de la République.
C’est le lieu de rappeler aussi qu’à l’époque où Luzolo Bambi Lesa,
Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matières de Bonne gouvernance,
de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le
financement du terrorisme, avait déposé au Parquet Général de la
République une plainte du Chef de l’Etat contre des personnalités
politiques, mandataires publics et opérateurs économiques soupçonnés
d’être impliqués dans des détournements de fonds publics, des fraudes
douanières et fiscales ainsi que de cas de corruption, Moïse Katumbi
était abondamment cité. Selon certaines affirmations, il se serait
enrichi illégalement en termes de millions de dollars, alors qu’en son
arrivée à la tête de l’ex-province du Katanga en 2007, sa fortune
s’élevait à 500.000 dollars. En réaction à cette accusation, il avait
mis quiconque au défi d’apporter la preuve de son enrichissement
illicite.
Kimp

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