Affaire Gécamines : une bombe à retardement !

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L’affaire Gécamines, avec la tentative manquée de sortie de 200 millions de dollars pour régler un litige judiciaire avec une des sociétés de l’homme d’affaires Dan Getler, n’est pas aussi simple qu’elle parait, ainsi que semblent le croire certains esprits. Il s’agit d’une nébuleuse dont les zones d’ombres sont difficiles à éclaircir. Il s’agit aussi d’une bombe à retardement susceptibles d’éclater et de faire des dégâts chez les personnes physiques et morales qui se hasarderaient à la manipuler avec maladresse.

         Il y a lieu de relever un paramètre que d’aucuns n’ont pas encore pris en compte jusque-là ou semblent banaliser. Il s’agit de la présence de Dan Getler et de ses sociétés sur la liste noire du Trésor américain. Quiconque connaît les avatars de ce genre de sanctions sait que personne, qu’il s’agisse de la Gécamines (Générale des Carrières et des Mines) ou même de la République Démocratique du Congo, ne peut conclure des transactions avec Dan Getler lui-même ou ses sociétés, sous peine de se voir appliquer, à son tour, les mêmes sanctions.

En clair, à supposer qu’il y aurait effectivement dans le chef des mandataires de la Gécamines une volonté de décaisser, en faveur de Dan Getler et l’une de ses entreprises, la somme de 200 millions de dollars américains fixés par un jugement intervenu dans des conditions fort ténébreuses, cette entreprise publique signerait son arrêt de mort. Une fois épinglée comme « rebelle » par le Trésor américain, elle ne pourrait plus, pendant longtemps, mener une quelconque opération financière avec Getler ou ses sociétés.

         Dans le dosser sous examen, il appert que des personnalités ayant de gros intérêts dans le dossier judiciaire ayant consacré la défaite de la Gécamines, exercent de vives pressions sur ses mandataires, pour les pousser à la faute. Or, si ceux-ci acceptent de « bêtiser », ce serait la suspension brutale de toutes les activités, pour une durée indéterminée. Ce serait aussi la fin du plan de redressement de cette société d’Etat.

         Avouons qu’aucun Congolais digne de ce nom ne pourrait autoriser ou accepter une aussi sombre perspective. Le vrai problème est donc là. En attendant qu’on sache ce qui s’est réellement passé entre la Gécamines et Dan Getler pour enfanter le dossier de 200 millions de dollars américains, la question à se poser est de savoir pourquoi cette entreprise publique a bradé son patrimoine minier jusqu’à contracter une dette supersonique. On continue à s’interroger sur les circonstances opaques ayant contraint la Gécamines à s’endetter dans des proportions scandaleuses et à se faire condamner en justice.

                            Kimp

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