Affaire CVM : des Ne Kongo ont menti au Premier ministre

0
169

Des députés provinciaux du Kongo Central se sont improvisés avocats de la CVM (Congolaise des Voies Maritimes) auprès du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, qui les a reçus dans son cabinet de travail le mercredi 02 octobre courant. A en croire leur porte-parole, si le gouvernement dotait cette société d’une nouvelle drague, elle pourrait rapidement renflouer ses caisses avec les taxes payées par les armateurs qui fréquentent le bief maritime congolais, entre Banana et Matadi. Selon la même source, la trésorerie de la CVM serait au rouge à cause de son incapacité à maintenir cette voie maritime en état de navigabilité.

            Il nous faut tout de suite signaler que cette version des faits a mis cadres et agents, qui venaient de suspendre leur grève, dans tous leurs états. A leur avis, les hôtes du Chef du gouvernement ne lui ont pas dit la vérité sur la situation réelle de la Congolaise des Voies Maritimes. Le vrai fond du problème, ne cessent-ils de marteler, c’est la mégestion caractérisée des ressources financières par l’actuel comité de gestion.

Selon les chiffres en circulation dans les milieux des grévistes, la CVM réalise, mensuellement, un chiffre d’affaires qui tourne autour de deux millions d’Euros par mois, représentants des redevances payées « cash » au titre des prestations liées au pilotage des navires étrangers par les commandants de la CVM et au dragage du fleuve Congo, entre Banana, Boma et Matadi. Si ces fonds étaient gérés de manière responsable et transparente, le personnel ne pourrait aligner 22 mois de salaires impayés. Par ailleurs, la société est en mesure d’assurer son fonctionnement sur fonds propres et renouveler régulièrement ses outils de travail, dont des dragues.

            Prétendre, comme l’ont soutenu les députés provinciaux du Kongo Central devant le Premier ministre, que la sécheresse de la trésorerie de la CVM serait due à la réduction sensible du trafic maritime, est totalement faux. La preuve en est qu’en dix jours d’arrêt de travail, on a enregistré le blocage d’une vingtaine de navires de haute mer entre Banana et Matadi. Cela veut dire que le bief maritime congolais reste très fréquenté. Par conséquent, les difficultés financières de cette compagnie sont bel et bien imputables au pillage de ses recettes par ses mandataires.

Auditer d’urgence les criminels économiques

            Compte tenu de la confusion que des députés provinciaux du Kongo Central tentent de semer dans les esprits, en couvrant la mauvaise gestion du comité de gestion de la CVM, ses cadres et agents invitent le Premier ministre à diligenter urgemment un audit. Il est sûr et certain que le contrôle des finances de cette société va révéler la véritable face de ceux qui ont passé le plus clair de leur temps à la piller, avec la complicité de leurs parrains politiques. Le chef du gouvernement doit être pleinement informé de l’état réel des finances de la CVM afin d’agir en conséquence, par ces temps de lutte sans merci contre les antivaleurs, dont le détournement des deniers publics.

                                               Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •