Affaire Chebeya : Marcellin Chisambo réclamé à la barre !

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 Y a-t-il eu préméditation dans le meurtre de l’activiste des droits de l’homme Floribert Chebeya ? A cette interrogation, la partie civile n’est pas allée par quatre chemins pour répondre par l’affirmative, hier lundi 14 mars 2011 au cours de l’audience qui s’est tenue à la Prison centrale de Makala. Et pour preuve ? L’actuel Secrétaire exécutif de l’Ong « la Voix des sans Voix » (VSV), Dolly Ibefo Mbunga, a rappelé à l’assistance les menaces sérieuses proférées contre son prédécesseur par des autorités politico-militaires du pays. A titre exemplatif, il a rapporté qu’après l’enlèvement dont ils ont été victimes, lui et Chebeya, en date du 15 mars 2010 à la suite d’une conférence tenue à Kinshasa, ils étaient conduits dans les locaux de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), puis de la Police nationale congolaise
(PNC) à Kin-Mazière où le colonel Daniel Mukalayi les avaient ouvertement menacés d’ « extermination ».

 Par ailleurs, Dolly Ibefo s’est souvenu aussi d’une rencontre fortuite avec l’ancien conseiller diplomatique du Chef de l’Etat, Marcellin Chisambo, alors qu’il accompagnait Floribert Chebeya au Grand Hôtel Kinshasa. Au moment où Chebeya l’informait qu’il venait à peine de rentrer au pays il y a deux jours, l’actuel gouverneur du Sud Kivu lui répliqua avec suffisance : « Nous sommes au courant d’où tu viens, de partout où tu vas, qui tu rencontres et ce que tu dis… »
 Face à ces démonstrations et tant d’autres révélations, les avocats de la partie civile ont souligné que quelques jours avant sa disparition, Floribert Chebeya avait confié ses craintes sur un danger le guettant à sa femme. « Aucune piste ne doit être négligée. On requiert à la Cour de faire venir le gouverneur Chisambo pour nous éclairer à ce sujet… » ont-ils clamé.
 Demande logiquement repoussée par la défense qui craint que cette affaire s’enlise avec le défilement des autorités sans conséquence réelle sur la recherche de la vérité, alors que ses clients continuent à croupir dans les cellules de Makala. Par contre, elle a réclamé à la Cour de faire venir la veuve Chebeya, partie civile au procès, à cause des déclarations faites devant l’auditeur durant l’instruction du dossier. Malheureusement, la Cour a fait constater que c’est matériellement impossible, faute des moyens financiers, étant donné que la dame vit actuellement au Canada.

Des témoignages contre Gomer Martell déboutés  
 Fait insolite observé hier, deux détenus de la Prison de Makala, Christian Musema et Elenge, se sont présentés devant les juges militaires pour dénoncer un montage dans la dénonciation du Camerounais Gomer Martell, l’unique personne affirmant avoir vu Floribert Chebeya, le 1er juin 2010 à l’Inspection générale de la Police.
 L’un après l’autre, ils ont rapporté que Gomer Martell leur avait confié sa décision de se venger du colonel Mukalayi car l’ayant maltraité et ravi son véhicule jeep. «  Dans la chambre que nous partagions tous ici à la prison, il disait qu’il n’avait pas peur car derrière lui, il y a des officiers et aussi ses avocats étaient en intelligence avec une dame de la Monusco ou du Pnud pour le sortir de la prison. En suivant la radio RFI le 20 janvier dernier, j’ai appris qu’un Camerounais accusait le colonel et je me suis décidé à aller tout dire à l’officier… » a déclaré Christian Musema, emprisonné pour abus de confiance.
 Témoignage rapidement balayé par le Ministère public et l’accusation qui ont qualifié de « scandaleux » le montage, d’autant plus que Gomer Martell avait déjà fait librement sa déposition auprès de l’auditeur depuis le 22 juin 2010. C’est-à-dire longtemps même avant sa rencontre avec les deux détenus.
 Pour leur part, le conseil de l’accusation, à travers Me Kabengele wa Ilunga et Me Peter Ngomo Milambo, ont relevé, il s’agit d’une action qui confirme la valeur du témoignage présenté par le Camerounais. « Nous savons que l’on vous a remis 100 Usd dont 80 Usd ont été interceptés par les personnes qui vous ont conduits chez le colonel. Nous savons tous que c’est un véritable parcours de combattant de quitter le pavillon 6 de la Prison, jusqu’au 8ème pavillon. Et sans argent, on ne peut pas y arriver. Comment avez-vous fait pour payer toutes les barrières qui s’y trouvent ? » ont-ils questionné. Nous avons promis de payer à notre retour, ont-ils répondu sans convaincre.
Tshieke Bukasa 

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