Affaire Blattner : le ministre des ITPR, le général Kasongo et la TMB attendus aujourd’hui

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Six renseignants comparaîtront aujourd’hui lundi 15 juin 2020, devant le Tribunal de grande instance de la Gombe, dans l’affaire opposant le ministère public et la partie civile (la RDC) au prévenu David Eric Blattner, Directeur général de la Safricas S.A. L’homme qui fait l’objet des poursuites judiciaires du chef des détournements de deniers publics, jouit de sa liberté de mouvements. Depuis que son procès a débuté au Tribunal de grande instance de la Gombe, il ne sait pas quel sort lui sera réservé par les juges, surtout que les DG des sociétés de construction des routes et autres infrastructures sont placés en détention préventive à la Prison centrale de Makala.

         Au fil de l’instruction de cette affaire, ses avocats se débattent pour lui trouver une issue heureuse. Mais les conseils de la RDC de leur côté, n’entendent pas tergiverser quand il s’agit des intérêts de la République. Ils martèlent que le prévenu, qui avait reçu des fonds importants pour la construction des sauts-de-moutons dans la ville de Kinshasa, n’a pas livré les ouvrages au gouvernement congolais dans les délais impartis, notamment décembre 2019 et aujourd’hui, 30 juin 2020. L’homme soutient que toutes les études du sol ont été faites, que l’étude de la résistance des matériaux à utiliser pour ce type d’ouvrages effectuée, les équipements pour l’érection des sauts-de-moutons sont déjà dans les entrepôts et d’autres attendent le dédouanement. Et que l’on ne pourrait lui reprocher le délai de livraison quand on sait que le retard a été causé par le ministre des ITPR, qui lui avait demandé de stopper les travaux, parce qu’il ne fallait pas multiplier plusieurs zones d’embouteillages et créer une asphyxie de la circulation routière dans la ville de Kinshasa. Il y a aussi un officier supérieur de la police qui, piqué par on ne sait quelle mouche, s’était permis de démonter la palissade de Safricas de son propre chef, comme pour montrer qu’il régentait tout dans son secteur opérationnel.

         C’est pour éclairer sa religion que le Tribunal de grande instance de la Gombe, avait décidé de renvoyer cette cause à l’audience de ce lundi 15 juin 2020, pour principalement l’audition des témoins et des renseignants.         Il s’agit du ministre des Infrastructures et Travaux publics et Reconstruction, du commissaire provincial de la police, le commissaire divisionnaire adjoint Sylvano Kasongo, de l’actuel directeur général de l’O.V.D., du gestionnaire des comptes de la Trust Merchant Bank, des responsables du Bureau technique de contrôle et Design Construction.

         Ils sont invités à expliquer et le cas échéant, justifier les instructions contraires qu’ils auraient données au DG de Safricas pour retarder la poursuite des chantiers. Car, David Blattner persiste et signe que le retard enregistré dans l’exécution des sauts-de-moutons ne lui est pas imputable. Les témoins et les renseignants devront expliquer au tribunal pourquoi et comment ils sont intervenus pour freiner l’exécution dans le délai contractuel, ces projets d’infrastructures. Et voir si Safricas S.A était en règle avec ses partenaires et ses sous-traitants. Voilà pourquoi vont également défiler devant le prétoire les consultants dont le Bureau technique de contrôle, Design Construction, le cabinet Professeur Tauzin, ainsi que les délégués de TMB, son banquier qui avait siphonné ses comptes pour régler ses litiges.

         L’audience de ce jour, promet beaucoup d’autres révélations sur ceux qui interfèrent pour freiner la poursuite des travaux, pour des raisons inavouées, et qui agissent dans l’ombre. Aujourd’hui peut-être que David Blattner, qui craint de perdre totalement la confiance des autorités gouvernementales congolaises, mais qui tient à prouver son innocence et sa volonté de poursuivre ses chantiers avec professionnalisme et à remplir les contrats d’exécution de tous les sauts-de-moutons lui confiés dans la capitale à la satisfaction de la population kinoise, se fera certainement violence pour éventrer le boa.J.R.T.

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