Affaire BIAC : Bussa interpelle le Gouverneur de la BCC

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jean lucien busaLe député national Jean-Lucien Bussa a déposé hier lundi 4 mars 2016 au bureau de l’Assemblée nationale, une question orale avec débat adressée au Gouverneur de la Banque Centrale du Congo au sujet des difficultés que connaissent la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo et l’ensemble de ses clients.

A travers ce moyen de contrôle parlementaire, ce député de l’opposition  voudrait obtenir des explications de Deogratias Mutombo à propos des problèmes de liquidités auxquels est confrontée la Banque internationale pour l’Afrique au Congo.

Au cours d’un point de presse qu’il a improvisé dans les couloirs du Palais du peuple aussitôt après le dépôt de son interpellation, Jean-Lucien Bussa a déploré le fait que la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo, qui compte 400.000 clients et 450 millions de dépôts en dollars américains,  n’arrive plus à faire face à la demande
de ses clients de manière satisfaisante.

Il a affirmé que la crise de liquidités que connait cette importante banque commerciale fait suite à la rupture brusque par la Banque Centrale du Congo de la ligne de refinancement en faveur de la BIAC, laquelle ligne de financement est conforme à la réglementation bancaire en la matière.

L’élu de Budjala a fait état de 30 millions de dollars américains que la BIAC a dû puiser dans sa trésorerie pour couvrir la Banque Centrale du Congo agissant pour le compte du Gouvernement, en sa qualité de caissier de l’Etat.

Le président du CDER  a souligné que  ce montant correspond au prêt pour lequel le gouvernement s’est porté garant. A en croire Jean-Lucien Bussa, la situation se complique lorsque la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo est obligée de demander à tous ses emprunteurs de lui rembourser les prêts accordés dans des délais très courts et par conséquent, avant les échéances convenues.

Pour l’ancien vice-président de la Commission Economique et Financière à l’Assemblée nationale, la Banque Centrale du Congo devrait anticiper sur les risques à venir lorsqu’elle a décidé de rompre la ligne de crédit en faveur de la BIAC.

Au regard du rôle de la Banque Centrale  du Congo d’assurer le contrôle des activités et du bon fonctionnement des banques commerciales, ce député national se demande pourquoi la Banque Centrale du Congo s’est-elle  permise de prendre 30 millions de dollars dans la trésorerie de la BIAC pour assurer les dépenses
gouvernementales au lieu d’actionner le compte du trésor.

«Les difficultés que vous avez en tant que Banque Centrale à remettre la Banque Internationale pour l’Afrique au BIAC dans ses droits ne relèvent-elles pas de l’Argentier national à assurer son indépendance dans la conception et la conduite monétaire ? », s’interroge-t-il.

Telles sont les zones d’ombres qui méritent l’éclairage du Gouverneur de la Banque Centrale qui doit, conformément à la Constitution et au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, se présenter un de ces quatre matins à la plénière  de l’Assemblée nationale.

Pour nombre d’observateurs, l’initiative de Bussa est une belle opportunité pour Deogratias Mutombe de donner toutes les garanties possibles aux épargnants de BIAC, aux banques partenaires, à la population, et aux employés des entreprises et services publics quant à la résorption de cette crise.

ERIC WEMBA

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