Abus sexuels pendant la riposte Ebola entre 2018 et 2020 : les enquêtes toujours en cours

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Le Coordonnateur humanitaire en République Démocratique du Congo, David McLachlan-Karr, a fait le point sur la suite réservée au dossier en rapport avec les travailleurs humanitaires impliqués dans des cas d’exploitation et d’abus sexuels qui seraient survenus lors de la riposte à la 10ème épidémie d’Ebola, entre 2018 et 2020, dans l’Est de la RDC, et qui ont été récemment rapportés par les médias, notamment The New Humanitarian et Associated Press. Selon lui, les enquêtes sont toujours en cours afin d’identifier les auteurs et les sanctionner.

            Les Nations Unies, renseigne-t-il, ont déjà initié plusieurs enquêtes en RDC. Une mission d’investigation du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations Unies est notamment venue en novembre 2020 et la commission d’enquête indépendante de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est actuellement sur le terrain. « Ces allégations entravent la confiance des personnes que nous servons envers les Nations Unies. Nous assurerons le suivi des enquêtes et sanctionnerons les responsables. Les résultats de ces enquêtes seront communiqués aux autorités congolaises », a ajouté le Coordonnateur humanitaire, avant de renouveler l’engagement d’être transparent et apporter toute la lumière sur ce fléau.

            En RDC, le réseau national pour la protection contre l’exploitation et les abus sexuels (PSEA) a été renforcé au cours des douze derniers mois. Ce réseau a pour mission de soutenir et coordonner la prévention et la réponse aux cas d’exploitation et d’abus sexuels et de soutenir les personnes qui en sont victimes.

            Vendredi passé, le Comité directeur de ce réseau a rencontré la directrice exécutive de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population), le Dr Natalia Kanem, actuellement en visite en RDC, pour discuter des stratégies de prévention et de la nécessité pour les donateurs de continuer à soutenir les actions pour garantir la protection contre l’exploitation et les abus sexuels (EAS). « La prévention et la réponse à l’exploitation et aux abus sexuels ont toujours été une priorité pour les Nations Unies pendant des années et continuent de l’être », a souligné David McLachlan-Karr.

Pour rappel, les Nations unies appliquent une politique de «tolérance zéro» à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels par des travailleurs humanitaires, tant nationaux qu’internationaux.

            Afin de limiter les cas de dérapage dont les abus sexuels constatés chez certains prestataires humanitaires œuvrant en RDC, les organisations humanitaires ont mis en place un mécanisme  d’alerte permettant aux bénéficiaires de l’action humanitaire d’exiger plus de recevabilité envers les acteurs oeuvrant dans les zones en crise. 

            En effet, la ligne 495555 est désormais disponible à travers les réseaux téléphoniques fonctionnels en RDC. Ce numéro, permettant de signaler tous les cas de dérapage, va offrir les garanties de sécurité et de confidentialité  pour les communautés victimes d’abus ou d’exploitation.

             « Chaque année, plusieurs milliers des personnes sont bénéficiaires de l’action humanitaire, qui est un droit et ne peut être échangée contre de faveurs sexuelles ou autres services. Ainsi, les relations sexuelles entre les personnels humanitaires et les bénéficiaires de l’aide sont interdites. Aussi, les relations sexuelles avec les enfants de moins de 18 ans sont strictement interdites, quelque soit l’âge de la majorité ou du consentement au niveau local. L’exploitation et les abus sexuels constituent des fautes graves et peuvent par conséquent être des motifs des mesures disciplinaires, y compris des renvois sans préavis », indique l’équipe humanitaire en RDC, tout en invitant tous ceux qui sont victimes ou témoins d’un incident  d’exploitation ou d’abus sexuel  dont l’auteur est travailleur  humanitaire, d’appeler gratuitement au 495555 pour le dénoncer.

            Rappelons que cette mise au point fait suite à plusieurs cas de dénonciations de la part de certains acteurs humanitaires accusés d’abus sexuels, notamment dans les zones en crise.

Perside Diawaku

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