A. Vungbo analyse les pratiques de la presse écrite congolaise

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« De la paléo à la néo presse écrite. Etude des mutations dans la presse écrite de Kinshasa.  Approche structuraliste? » Tel est le sujet du mémoire de DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies) en Sciences de l’information et de la communication (Sic) présenté par l’assistant Anaclet Vungbo, le samedi 25 février 2017, à l’institut facultaire des sciences de l’information et de la communication(IFASIC). Cette dissertation est  un regard analytique et critique sur la presse écrite congolaise et ses pratiques, particulièrement celle de Kinshasa, où se trouvent concentrer presque tous les organes de presse écrite du pays.

Dans cette étude divisée en cinq chapitres, le premier présente le cadre conceptuel et théorique ; le deuxième porte sur un aperçu  général sur la presse écrite en RDC ; le troisième est consacré à la quête des mutations de la paléo à la néo  presse ; le quatrième porte sur un effort de schématisation grâce à l’approche structurale et enfin, le cinquième interprète les données empiriques récoltées. L’auteur  s’est assigné pour ambition d’analyser  les différents mécanismes qui président à l’évolution de la publication du
journal au Congo qui,  en deux décennies,  est passée  de la  version
imprimée sur papier que nous qualifions de paléo( Rigidité et unicité
du texte)  au complément d’une version web  ou numérique  que nous
avons nomménéo (flexibilité).
Il faut noter que les préfixes paléo et néo  ont permis de construire
les concepts de « paléo-presse écrite » et « néo-presse écrite ».
Il s’agit des termes empruntés à l’écrivain et chercheur italien,
Umberto Eco, dans un article évocateur publié en 1982 sur les
mutations que  vivait la télévision publique en Europe par rapport à
la télévision américaine.
Ces deux vocables ont ensuite été récupérés,  huit ans  plus tard,
par les chercheurs  Francesco Casetti et Roger Odin dans un article
publié dans le numéro 51 de la revue scientifique française
Communications : « De la paléo à la néo-télévision ».
Cela dit, toutes ces précédentes réflexion, ont  été inspirées  par
l’idée d’analyser l’audiovisuel européen qui sortait en ce moment-là
du monopole du  service public.  C’est-à-dire au moment où la radio et
la télévision étaient sous contrôle de l’Etat, sans existence de la
radio ou de la télévision privées. Ce monopole de l’Etat a créé un
modèle de communication pédagogique et vectorisée. Avec l’avènement
des stations de radio et des chaînes de télévision privées a été
inauguré la nouvelle ère des médias commerciaux  avec une pluralité
d’acteurs.
Ce passage  était perçu par Umberto Eco comme une transition entre
une  paléo-télévision et une néo-télévision. C’est cela qui a réveillé
la curiosité de l’auteur. C’est cela aussi qui a fait naitre en lui
l’intérêt pour une recherche non plus pour la télévision, mais plutôt
pour la presse écrite de notre pays.
En effet, de la même manière, depuis près de 20ans, que l’audiovisuel
de  1995 à nos jours, une expérience nouvelle a vu le jour sous nos
regards. La presse écrite  congolaise  est  passée de la version
imprimée à la version électronique.
Toutes ces mutations ont  fini par reconfigurer le travail
traditionnel des rédactions.  Parmi les mutations observables, il y a
le dédoublement de la  rédaction en version paléo et version
électronique. Ainsi,  la conférence de rédaction, qui était uniquement
présentielle, n’est  plus  la seule instance de validation et
d’élaboration du contenu.  Elle peut  se faire  désormais à distance
via les réseaux sociaux. Dès lors, le rédacteur en chef de la version
papier est remplacé par l’administrateur du site  web pour la version
électronique.
Dès lors, il s’est  construit peu à peu  le webjournalisme, grâce à
internet et au web 2.0. Dans le fond, on s’est éloigné de la  culture
d’un métier  collectif en faveur d’un journalisme à la culture
individualiste. Autrement dit, au  lieu d’un contenu plus localisé et
d’un lectorat plus ou moins circonscrit dans un espace géographique
précis, le protocole IP permet à ce jour,  une  transmission des
données numériques d’un bout à l’autre de la planète de manière
instantanée.
Tshieke Bukasa

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